Un ordre professionnel des enseignants

L’idée de la création d’un ordre professionnel des enseignants n’est pas nouvelle. La Coalition avenir Québec (CAQ) la relance en alléguant qu’une telle structure permettrait de disqualifier plus facilement les professeurs qui sont considérés comme dysfonctionnels ou incompétents.

Un argumentaire qui m’irrite au plus haut point. En effet, pourquoi une direction d’école, qui possède déjà toute l’expertise pour intervenir auprès d’un enseignant éprouvant des difficultés professionnelles, ne pourrait-elle pas jouer le rôle de « chien de garde » que les tenants d’un ordre professionnel voudraient lui conférer ?

Certains rétorqueront qu’il est quasi impossible de congédier un enseignant compte tenu de la protection syndicale dont il bénéficie. À mon sens, cet argument ne tient pas la route puisque, pour les syndicats comme pour tout organisme, à l’impossible, nul n’est tenu. Et, quoi qu’il en soit, en cas de mésentente entre les parties, un mécanisme d’arbitrage neutre peut toujours intervenir pour régler le litige.

En bref, si l’utilité d’un ordre professionnel des enseignants se résume à une cour de dernière instance pour congédier un professeur, nous faisons carrément fausse route… Laissons les structures établies jouer leur rôle, et le corps professoral ne s’en portera que mieux !


 
2 commentaires
  • J-Paul Thivierge - Abonné 16 novembre 2016 11 h 42

    Propos raisonnable mais souvent inappliqué

    La plupart du temps il y a conflit d'intérêts ; le synidicat doit défendre à tout prix l'enseignant et souvent tous les confrères et consoeurs savent quel enseignant ne fait pas adéquatement sa tâche ou sa mission d'éducation. Les enseignants qui doivent prendre la relève l'année suvante à la promotion de juin doivent ensuite prendre 2 mois ou plus pour mettre à jour et pourtant les direction scolaire ne font pas le ménage et les ajustements requis par peur des syndicats .
    Je conçois bien qu'un ordre professionnel qui constaterait le manque de compétence devrait aviser le syndicat et la direction pour retourner l'enseignant en obligation de mise à niveau. Doit-on se demander si les syndicats on peur de perdre leur pertinence ou des cotisants comme dans les écoles privées ?

  • Denis Beauchemin - Abonné 16 novembre 2016 12 h 44

    Vous avez parfaitement raison! Chaque fois qu'une direction joue son rôle, qu'une CS appuie sa direction,un arbitre n'hésite pas à procéder au congédiement d' un enseignant qui n'arrive pas à remplir ses fonctions. Oui il faut monter un dossier, nous sommes dans une société de droits et c'est tant mieux. Ne pas oublier que le ratio direction/enseignant est de ±1/15 et que le % d'enseignants avec des difficultés est faible, donc il y a du temps pour observer, encadrer et si nécessaire monter un dossier disciplinaire pour un enseignant. Cela aussi fait partie de la fonction et de la rémunération....