Un appel solennel à l’unité

Le Parti libéral du Québec (PLQ) mène chez nous, depuis de nombreuses années déjà, et avec une détermination qui semble renouvelée durant son présent mandat, des politiques qui ne peuvent que révulser les personnes qui ont à coeur le bien commun, celles qui se soucient de nos concitoyens les plus fragiles et les plus démunis et toutes celles qui portent au coeur un idéal de justice sociale. Ces politiques, faut-il le rappeler, sont en outre poursuivies sur fond de corruption dont la prévalence ne fait plus aucun doute, et de constant favoritisme des amis du régime.

Pourtant, malgré tout cela, il est très probable que le PLQ sera réélu en 2018, et ce, en raison, crucialement, de notre système électoral et de la division du vote francophone.

Il est également plus que vraisemblable qu’en cas de réélection le PLQ poursuivra le travail qu’il a entrepris, avec les prévisibles effets dévastateurs qui s’ensuivront sur nombre des institutions du Québec et sur sa population.

Les signataires de cette lettre en sont arrivés à l’intime conviction qu’il est du devoir des partis politiques qui ont en commun ce qui justifie ce jugement sans appel sur les politiques poursuivies par le PLQ de placer aujourd’hui l’intérêt supérieur du Québec et le bien commun au-delà de la partisanerie et de chercher, avec toute la bonne volonté dont ils sont capables, un terrain d’entente qui permettra en 2018 de faire front commun contre le PLQ et de le déloger du pouvoir.

Et c’est pourquoi nous demandons au Parti québécois, à Québec solidaire, à Option nationale et au Parti vert du Québec de se parler et de s’entendre : l’intérêt supérieur du Québec et ces valeurs communes qui vous unissent et que nous partageons l’exigent de nous de manière impérative et urgente.

Il ne nous revient pas — et nous ne nous permettrions pas — de suggérer des modalités pour la tenue de cette discussion et encore moins d’avancer de possibles composantes de cette entente. Mais on nous permettra de faire une petite entorse à ce principe et de proposer que la promesse que la loi 1 du prochain gouvernement établirait, au bénéfice de toutes et tous, un mode de scrutin proportionnel, pourrait être un des éléments à considérer durant vos échanges.

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30 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 15 novembre 2016 02 h 58

    Pourquoi pas changer l'ordre politique ?

    Les signataires de cette lettre font un appel à quatre formations politiques pour tasser du pouvoir le PLQ, car devenu depuis 1995 le bras du droit du Canada pour ramener le peuple québécois sous son giron.

    À cette fin, il invite ces partis à partager une plate-forme, à laquelle d’autres personnes, au sein ou en dehors de ces partis, l’ont déjà fait.

    Selon les discussions des dernières années, ces invitations n’ont pas donné les résultats escomptés. Aussi, les signataires proposent-ils de cibler sur une avenue porteuse : un mode de scrutin proportionnel.

    Pour qu’elle aboutisse, il faudra qu’ils s’entendent sur le type de proportionnel envisagé, prennent le pouvoir et fassent aboutir cette idée avec l’appui des partis qui ne sont pas dans leur mire.

    Pourquoi ? Parce que les parlementaires partagent un code, qui leur attribue et attribue à leurs partis respectifs, un droit de désaveu sur un tel changement. Les tentatives récentes en témoignent.

    Aussi, me semble-t-il impossible que cette mesure puisse devenir loi sans l’obtention d’un appui de l’ordre de 50 % + 1 de partis qui la promeuvent. Il existe néanmoins d’autres façons de procéder.

    Une première consiste à inscrire dans le programme d’un parti (ou des partis) l’engagement de tenir une consultation sur le changement du régime politique. C’est ainsi qu’on a procédé en Nouvelle-Zélande, ce qui a permis l’adoption d’une proportionnelle mixte.

    Une seconde est un engagement d’un parti, voire des quatre, à ne pas adopter de lois si elles ne reçoivent pas l’appui d’une majorité de parlementaires ayant reçu un appui majoritaire de l’ensemble des électeurs et des électrices, à revoir le régime politique et à inviter le peuple québécois à trancher.

    Comme cet engagement consiste à rendre le peuple québécois détenteur du pouvoir politique, il en découlera un appui massif, car il s’agit d’une inversion de l’ordre politique actuel.

    • Yves Côté - Abonné 15 novembre 2016 05 h 12

      Puis-je joindre ma voix à votre proposition progressiste, Monsieur Bariteau ?
      Il nous est obligé à tous d'oeuvrer pour trouver une solution.
      Exerçons une pression maximale sur nos chefs de partis si nous le pouvons...
      Après tout, ne sommes-nous pas le peuple ?
      Seul souverain et en toute légitimité chez lui, au Québec.
      Sans monarchie ni autre majorité que la nôtre pour y être au pouvoir.
      Bravo et merci pour cette avancée d'idée, Monsieur !

    • Jacques Patenaude - Abonné 15 novembre 2016 09 h 25

      "rendre le peuple québécois détenteur du pouvoir politique" @Bariteau.

      Je demeure convaincus que la proportionnelle ne ferait que donner davantage de pouvoir aux appariticks des parti politiques qui deviendraient des élus nommé par les partis. Je pense qu'il serait préférable de réduire le pouvoir des partis face aux représentants locaux que devraient être les députés si on veut redonner au peuple le pouvoir. Bref comme on disait autrefois s’attaquer a "l'esprit de parti" qui n'a fait que se renforcer au fil des 60 dernières années pour faire des députés de véritable plantes vertes et que la proportionnelle institutionnaliserait encore plus.
      J'aimerais bien que les auteurs de cet article répondent a cela. On ne les entend jamais sur ce point.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 novembre 2016 14 h 24

      Monsieur Patenaude, je partage votre conviction. C'est la raison pour laquelle je trouve insuffisant de modifier uniquement le mode de scrutin. Il faut beaucoup plus, notamment revoir les liens entre les trois pouvoirs en rendant le législatif le principal pouvoir. Aussi il importerait d'instituer une chmabre des régions et l'élection du président de préférence par le scrutin universel.

      Dans cette réforme, il importerait surtout que les décisions des parlementaires s'appuient sur le vote d'une majorité qui a reçu une majorité d'appuis de l'électorat. Pour ce faire, il faut seulement trouver une règle mathématique.

      Cela dit, il faudrait aussi que les membres de l'exécutif n'émanent pas majoritairement de l'Assemblée législative ni de la Chambre des régions et soient astreint à rendre des comptes devant des commissions pertinentes. Puis, inclure des propositions venant des citoyens et des citoyennes et octroyer à ces derniers un pouvoir de destitution des parlementaires.

      C'est complexe, mais au bout du compte, le peuple peut exercer un contrôle qu'il lui est impossible de faire dans le système de représentation actuel qui, comme anachronisme, octroie le pouvoir à un une majorité de députés d'un parti n'ayant que l'appui de 42,5 % des électeurs et des électrices.

    • Jacques Patenaude - Abonné 15 novembre 2016 18 h 09

      Pourquoi ne pas regarder du cote du scrutin a deux tours applique localement. Quand a la séparation des pouvoirs. Il faut éviter le système américains base sur les contre pouvoir plutôt que sur le gouvernement responsable, base de notre système. Ce fut la grande contribution des Canadiens français a la démocratie. Les ministres doivent répondre directement a l’assemblée nationale, comme ça devrait être le cas selon le principe du gouvernement responsable.

    • Gilles Després - Abonné 15 novembre 2016 21 h 32

      Une entente entre les partis politiques me semble bien utopique. Le PQ peut très bien remporter une élection dans le cadre actuel à condition que la nouvelle coalition soit générationnelle. Le PQ doit convaincre les militants des autres formations politiques, pas ses représentants. Il y arrivera s'il promet formellement une réforme du mode de scrutin qui garantisse que chaque député élu à l'Assemblée nationale le soit avec 50% plus 1 des votes dans son comté et que toute loi adoptée le soit par des députés qui représente 50% plus 1 de la population du Québec.
      Pas besoin d'entrer dans les détails et modalités tout de suite, trop rébarbatif. La promesse solennelle de donner suite est suffusante.
      Gilles Després abonne

    • Claude Bariteau - Abonné 15 novembre 2016 22 h 45

      Monsieur Patenaude, vous errez totalement en avançant que la responsabilité ministérielle fut la grande contribution des « Canadiens français » à la démocratie.

      Sachez que la responsabilité ministérielle fut instituée en Grande Bretagne en 1783 et dans les colonies britanniques de la Grande-Bretagne en 1848, d'abord dans celles des Maritimes, après au Canada-Uni.

      Sachez aussi que cette responsabilité, demandée par Bédard en 1810, fut refusée par la Grande-Bretagne dont les dirigeants l'emprisonnèrent.

      Enfin sachez que Papineua n'a jamais fait la promotion de la responsabilité ministérielle, mais s'est battu pour que les membres du législatif contrôle le conseil exécutif de l'époque composé de gens nommés. En cela, il prônait un régime politique analogue à celui en force aux États-Unis. C'est pour ce motif que les Bureaucrates, les Loyalistes et la Grande-Bretagne se sont ligués contre les Patriotes avec l'appui de seigneurs de membres du clergé.

      Alors, avancer qu'il s'agit d'une « grande contribution » des « Canadiens français », c'est une dérive aux yeux de l'histoire. Si contribution il y eut, ce fut celle, occasionnelle, de Louis-Hyppolite Lafontaine qui se fit le promoteur de l'approche britannique après le renversement des Patriotes. Comme témoignange de la soumission, ce fut la totale.

      Cela dit, cette responsabilité ministérielle n'a rien à voir avec l'obligation des ministres de répondre à l'Assemblée nationale, mais uniquement au fait que le PM et les ministres sont reconnus responsables tant et aussi longtemps qu'ils ne sont pas renversés par les membres de l'Assemblée législative, ce qui est quasi impossible si le parti dont ils sont membres a fait élire une majorité de députés sans avoir pour autant un appui des électeurs à 50 % + 1.

      Il me semble que vous devriez revoir vos thèses. Elles ne tiennent pas la route.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 novembre 2016 07 h 00

    Comment s’entendre ?

    « Et c’est pourquoi nous demandons au Parti québécois, à Québec solidaire, à Option nationale et au Parti vert du Québec de se parler et de s’entendre » (Collectif)

    Bien que cette demande d’appel à l’unité soit fondée ou justifiée, il demeure que ces Partis, se parlant parfois, éprouvent encore de la difficulté à s’entendre, notamment sur l’essentiel (Démarche historico-identitaire du Québec, Nation et Culture nationales et politiques) ; un essentiel qu’on tend comme à oublier ou écarter des discussions-terrain !

    Outre cette difficulté à s’entendre, comment va-t-on rejoindre la population si, poursuivant graduellement son assimilation, elle préfère opter pour une gouvernance de type néolibéral plutôt que de s’en départir ?

    Comment s’entendre ? - 15 nov 2016 -

  • Jacques Lamarche - Inscrit 15 novembre 2016 07 h 15

    Dans des eaux troublées, une autre sirène qui avertit du danger

    Des passagers ont peur! Ils jugent le temps menaçant, la mer trop agitée! Mille raisons le justifient, notamment le pauvre état du bateau de la langue française. Mais qu'en est-il des capitaines des quatre navires?

    Le Québec français, une toute petite flotte, baigne dans une mer anglophone. Son rayon d'action fluctue selon les individus, son espace diminue, il a par deux fois perdu! Il n'a pas de toute évidence les moyens de se diviser, de prendre des directions opposées, de naviguer au gré des vents et marées! Toutes les vaisseaux devraient, vers un même port, aller!!! La question est posée depuis des années, depuis que tous les bâtiments ont quitté le quai!

    Le cap visé est moins de vaincre une armada ancrée dans une autre identité que de savoir sur quel rive s'arrimer!

    • Claude Bariteau - Abonné 15 novembre 2016 09 h 59

      Monsieur Lamarche, misez sur le pouvoir et la création d'un pays par ceux et celles qui ont fait du Québec leur patrie, pas sur la langue. Pays devenu, le français au Québec, déjà maîtrisée avec des variations par près de 95 % des habitants, deviendra langue officielle, ce qui n'empêchera pas que d'autres langues seront utilisées, voire reconnues pour divers motifs, et enseignées.

      En matière de langue officielle, il s'agit d'un prérogative qui appartient à un État indépendant et je ne vois pas comment l'État du pays du Québec ne ferait pas du français la langue officielle du pays. Ça m'apparaît aller de soi.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 15 novembre 2016 08 h 12

    Et la CAQ là-dedans?

    Selon le dernier sondage, la CAQ obtiendrait 25% du vote.

    Les ignorer me semble plutôt absurde.

    • Serge Morin - Inscrit 15 novembre 2016 09 h 49

      Simple
      La CAQ est le club école du PLQ.
      Et leur chef a fait un Trump de lui.

  • Jean-François Trottier - Abonné 15 novembre 2016 08 h 21

    L'union doit venir de la base

    Jamais les différents partis susnommés ne s'uniront poue quoi que ce soit, simplement parce que QS doit sa force à la division des forces progressistes.

    Il est probable que ses dirigeants sachent que le PLQ aide leur parti en sous-main, question logistique, lors de chaque élection.

    Que le PLQ le fasse laisse peu de doute. Or, la haute gomme de QS n'est pas formée d'imbéciles, loin de là. Ils voient ce qui se passe sur le terrain, les soudain très nombreux "bénévoles" au jour de l'élection qui font sortir le vote.

    QS est foncièrement opposé au PLQ. Il l'est tout autant au PQ.

    QS a une paticipation non négligeable de fédéralistes et d'indépendantistyes tièdes, et n'a à son programme un référendum au premier mandat que pour le perdre au plus vite et passer à autre chose. Suffit de suivre leurs propos sur l'indépendance pour s'en convaincre, leurs intérêts sont ailleurs.

    Ils ont compris que leur existence dépend d'un lent effritement des votes au PQ et, en attendant, leurs positions économiques relèvent d'une utopie éthérée pour accrocher la tranche la plus jeune.

    Jamais QS ne bougera. Aussi, c'est la clientèle de ces partis qui doit être courtisée et convaincue mais sans compromission, sans léchage de bottes.

    Les opinions défendues par les élus de QS sont formidables en autant qu'ils se limitent aux programme sociaux. L'intransigeance de leur parti, elle, relève de plus en plus de la comédie bouffe.

    C'est dans les Cegeps et les Universités que le débat doit se faire.