L’action de la police

Comme ça, le Service de police de la Ville de Montréal a espionné un chroniqueur bien connu de La Presse.

Oui, la conduite du SPVM mérite d’être dénoncée haut et fort. Mais il y a quelque chose de révélateur dans le fait que des membres de la classe politique, tous ordres de gouvernement confondus, s’indignent tour à tour comme s’ils tombaient collectivement des nues. Comme si ces décideurs ignoraient que nous vivons dans une société où la police fait bien souvent comme bon lui semble, sans trop se soucier des lois et règlements censés encadrer ses opérations.

Peut-être serait-il temps que non seulement les élus, mais aussi les grands médias commencent à prêter un peu plus d’attention au fonctionnement des mécanismes de surveillance que le législateur s’est donné pour contrôler l’action de la police.

Ces gens pourraient être étonnés de voir à quel point des institutions comme le Commissaire à la déontologie policière sont en réalité de véritables tigres de papier tant elles sont sous-performantes.

Oui, la surveillance d’un journaliste par un corps policier est une aberration digne d’un régime totalitaire. Mais si nous en sommes rendus là, c’est aussi parce qu’il y a eu du laisser-aller non seulement en haut lieu, mais aussi chez des chiens de garde de la démocratie qui oublient d’avoir à l’oeil les chiens de garde de la police.

4 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 2 novembre 2016 05 h 52

    … d’urgence !

    « Oui, la surveillance d’un journaliste par un corps policier est une aberration digne d’un régime totalitaire. Mais » (Alexandre Popovic, Mtl)

    Bien que le temps des totalitaires (vg temps des Duplessis-Léger … .) soit révolu au Québec, on-dirait que, parfois ou soudainement, certaines personnes, ou certains groupes de personnes, aiment s’afficher « en totalitaire », et ce, en utilisant les mécanismes de la démocratie et de la justice pour y parvenir !

    Une Commission parlementaire sur ce sujet s’impose …

    … d’urgence ! - 2 nov 2016 -

  • François Dugal - Inscrit 2 novembre 2016 09 h 49

    L'ordre établi

    Il y a toujours eu connivence entre le "monde" politique et les forces policières : pourquoi tenter de troubler l'ordre établi et les bonnes vieilles habitudes?

  • Claude Gélinas - Abonné 2 novembre 2016 10 h 53

    S'attaquer aux problèmes par la base !

    Se pourrait-il que le problème se pose à deux niveaux : d'abord la police qui avant de réclamer avec précipitation cette surveillance exceptionnelle n'ait pas utilisé tous les autres moyens d'enquête à sa disposition.

    Ensuite, le manque de formation des juges de paix habilités à délivrer ces autorisations qui, par condescendance ou pression, cède rapidement à la demande
    policière sans toujours évaluer les conséquences de leur décision.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 2 novembre 2016 17 h 30

    Disons donc que ce n'est pas d'hier qu'il y a des ripoux

    dans la police.Mais quand une société est rendu a douter de l'indépendance donc de l 'intelligence des juges nommés a cause de leur affiliation a un parti politique,on est assuré de toutes les dérives possibles comme dans les républiques de "bananes".