Protection des sources

Hier, on apprenait sur le site de Radio- Canada que la chercheuse Marie-Ève Maillé, qui a mené une étude sur la détérioration du climat social dans les communautés vivant près de l’endroit où a été construit le projet des Éoliennes de l’Érable, est contrainte par la cour de divulguer des informations personnelles et sensibles concernant les citoyens qui ont participé à sa recherche. Ces informations, pourtant confidentielles au regard de l’éthique scientifique, serviront à la défense de l’entreprise privée responsable du projet qui fait face à une poursuite collective. Il semble donc y avoir là une question de société importante qui mériterait une réflexion de fond. Cela touche l’éthique même de la recherche et toute la question de l’engagement des scientifiques dans des recherches portant sur des questions de société épineuses. Cela fait surgir aussi la question de la participation des scientifiques, comme experts, en soutien aux mouvements citoyens qui militent pour un milieu de vie plus sain. Or, me voilà surprise ce matin en ne trouvant rien à ce sujet dans mon Devoir, le jour même où la question de la protection des sources journalistiques fait la une. Peut-être moins accrocheuse, cette nouvelle m’apparaît pourtant tout aussi préoccupante. C’est donc, espérons-le, une histoire à suivre de près.