Ce qui passe, ce qui demeure

Tout occupés à surveiller les pets de travers des petits pharaons de passage et des fieffés coquins qui font l’ordinaire de notre information, les grands médias nationaux — journaux, radios et télévision — ont brillé par leur absence lors de l’inauguration officielle de l’oeuvre d’art public réalisée par Armand Vaillancourt en hommage à Michel Chartrand et à la Force ouvrière, le 21 octobre dernier. Des invitations avaient pourtant été lancées et des rappels téléphoniques réalisés selon les règles de l’art en pareilles circonstances. Installée dans le parc Michel-Chartrand, à Longueuil, cette sculpture monumentale, qui fait dix mètres de hauteur et est composée de 20 brames d’acier de 24 tonnes chacune est, par sa présence imposante, une invitation au recueillement et à la méditation. Il en a coûté cinq années d’efforts à une petite équipe qui a épaulé l’artiste pour mener à terme la réalisation de cette oeuvre appelée à traverser le temps. Il fallait recueillir, en nature ou en dons, pas moins de 1,4 million de dollars pour réaliser ce projet. Plus de 800 personnes, organismes, entreprises et syndicats ont contribué à cet effort. La Ville de Longueuil, qui a eu l’audace de nommer du nom du grand syndicaliste québécois ce parc magnifique et qui a soutenu le projet depuis le début, doit être félicitée. Et alors que les personnes et événements dont il était question au lendemain de cette inauguration auront pour la plupart été depuis longtemps oubliés, cette sculpture continuera, pendant des décennies, de se dresser fièrement dans le ciel de Longueuil.