Se définir en tentant de définir l’autre

C’est bien connu que les politiciens aiment bien caricaturer l’adversaire dans le but de lui créer une image fausse qui lui collera à la peau pour longtemps. C’est à cette opération que s’est livré Philippe Couillard à l’égard de Jean-François Lisée, le lendemain de son élection comme chef du PQ.

À cette occasion, Couillard s’est abaissé à décrire Lisée de « nationaliste peureux » avec une mentalité « d’assiégés » prônant une idéologie d’extrême droite. Que de gros mots dans la bouche d’un personnage aseptisé qui a l’habitude d’utiliser une langue de bois si lisse qu’on a du mal à s’y accrocher. Ne nous offre-t-il pas un fédéralisme peureux, assiégé et à genoux devant un gouvernement central qui, sous de belles parures photogéniques, est en train de commencer à tisser une toile d’araignée autour d’un Québec provincial ? Pour quelqu’un qui dénonce un nationalisme de peur, il devrait plutôt craindre son attitude attentiste devant les visées centralisatrices du fédéral et évaluer les répercussions qu’il risque d’infliger au Québec de demain.

Monsieur Couillard, dans vos tentatives pour définir vos adversaires politiques, vous nous offrez un portrait de vous peu reluisant qui traduit un profond mépris et une hypocrisie crasse.

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4 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 12 octobre 2016 07 h 11

    Gros mots!

    Que de gros mots: ''profond mépris et hypocrisie crasse''! Philippe Couillard serait le pire des pires! Quel excès ou violence langagière! Qu'on se calme dans les chaumières péquistes; elles font exactement ce qu'elles reprochent à Philippe Couillard!

    Michel Lebel

    • Charles Caron - Inscrit 12 octobre 2016 10 h 03

      Les chaumières péquistes ont bien raison de dénoncer les propos franchement vulgaires qu'a tenus notre PM. Prêter des sympathies d'extrême droite a JFL ... il est là l'excès ! Sans être un admirateur de de l'individu, on peut quand même convenir qu'il ne méritait pas cette comparaison.

      Et n'exagérez-vous pas vous-même en accusant l'auteur de cette lettre de violence langagière ? Qualifier l'attitude du PM de méprisante et hyporcrite est certainement approprié dans le contexte, et ce comportement est effectivement médiocre (ou crasse) de la part d'un chef d'État (ou plutôt chef de Province ...).

  • Marc Therrien - Abonné 12 octobre 2016 18 h 41

    De bonne guerre

    À quoi peut-on vraiment s'attendre d'autre dans la classique lutte dialectique des consciences (Hegel) où chaque sujet pensant vise à assujettir l'autre en l'objectivant. Comme on dit, il est de bonne guerre d'utiliser tout procédé habile qui vise à déstabiliser son adversaire. Je ne m'inquiète pour Jean-François Lisée, car il "est fait fort" et je suis plutôt content de voir que Philippe Couillard, le neuro-chirurgien de formation, a des émotions qu'il peut canaliser de façon civilisée par la parole plutôt, par exemple, que de saisir physiquement son adversaire par le bras pour le ramener sur le terrain du débat.

    Marc Therrien

  • Pierre Raymond - Abonné 12 octobre 2016 20 h 36

    De quoi je me mêle !

    Et en quoi une course à la chefferie au PQ peut elle intéresser les Libéraux ?
    Eux qui ont l'habitude de se faire planter un poteau comme chef par l'establishment canadian !!!