Lettre ouverte au maire Denis Coderre

Dans un avenir rapproché, Monsieur le Maire, les historiens et personnes préoccupées de justice sociale jugeront votre apport à la ville de Montréal.

Pour paraphraser l’une des chansons de Frank Sinatra My Way — si vous faites à votre manière, une nouvelle ville dans la ville avec des milliers d’unités d’habitation et de copropriétés sera construite à Pierrefonds en détruisant l’un des plus grands espaces naturels de l’île.

Cela entraînera la destruction de zones humides, de plantes rares, d’espaces boisés et d’habitats d’oiseaux migrateurs et autres animaux. Des routes pour des milliers de voitures traverseront ces zones sensibles, générant de la pollution, des gaz à effet de serre et du bruit. Le paysage sera strié de fossés pour les conduites d’eau et de nouveaux fils électriques.

Il va sans dire que cet important espace naturel n’existe pas en vase clos : il est relié à l’environnement tout autour, que ce soit les parcs-nature Cap-Saint-Jacques et l’Anse-à-l’Orme, ou la réserve d’oiseaux de Senneville, tous situés sur la trajectoire de migration des oiseaux que votre projet de copropriétés à Pierrefonds viendra troubler.

Arrêtez-vous un instant, Monsieur le Maire : nous essayons de conserver ce qu’il reste de la grande et riche biodiversité que l’on retrouvait autrefois sur l’île de Montréal.

Monsieur le Maire, pourquoi dépensez-vous des millions pour célébrer les 375 ans de Montréal avec des jeux de lumière sur le pont Jacques-Cartier ? Pourquoi ne pas plutôt se tourner vers la conservation et l’amélioration de la nature qu’il nous reste ? Plutôt que de remplacer les espaces naturels de notre île avec des milliers de copropriétés, pourquoi ne pas implanter le moratoire vert suggéré par des groupes environnementaux montréalais et éviter de construire sur des zones écologiques sensibles ? Autrement, nos petits-enfants pourraient ne plus rien retrouver du magnifique monde naturel qu’était autrefois Montréal.