Faut qu’on se parle, oui, mais

Je suis convaincu que d’encourager la discussion politique est une très belle initiative. J’y mets, cependant, certains bémols : d’abord, le titre fait miroiter l’idée d’un grand consensus à venir, comme si le peuple (dans toute sa diversité) allait enfin fusionner après quelques « assemblées de cuisine ». Comme s’il fallait renoncer à notre petite routine solitaire, puis se réunir et discuter pour qu’émerge la Révolution démocratique, économique, environnementale, etc.

Cela sous-entend l’éventuelle réconciliation du peuple et son grand retour au pouvoir après qu’une petite élite capitaliste l’ait usurpé. J’ai l’impression que lorsqu’on dit « qu’il faut se parler », il s’agit essentiellement d’un appel à la gauche nationaliste. Cela s’inscrit dans la continuité de 2012 quand, dans la rue, nous avions l’enivrante impression d’être le peuple.

Nous n’avions pas besoin de convaincre et de séduire, car nous avions raison. Les médias et les forces de l’ordre étaient contre nous et au service des puissants. Nous vaguions dans un consensus en espérant blesser l’empire. Malgré l’enthousiasme et l’ampleur du printemps, les résultats furent fades. Finalement, j’espère que cette récente initiative voudra s’insérer dans le conflit politique et ne se confinera pas dans la célébration de nos idéaux et de notre unité. Que l’on rendra notre option intéressante, réaliste et séduisante. J’espère qu’en émergera une nouvelle constellation des forces politiques au Québec.

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