10 mythes toxiques sur le vélo: précisions

Bien que plutôt en accord avec le texte de Geoffroy Ménard (Le Devoir du 24 septembre), ayant fait la navette à vélo entre mon domicile et mon travail ou la bouche de métro durant plusieurs années, force est de constater qu’il ne soulève pas quelques points très importants que je me permets d’émettre afin de rationaliser le débat :

Nous sommes au Québec et la solution vélo ne peut fonctionner qu’entre les mois de mai et octobre, donc six mois par année si la température est clémente. Qu’arrive-t-il donc des problèmes de congestion durant l’hiver ?

Une personne sur deux se fait voler son vélo dans le Grand Montréal, à moins qu’il soit mis à l’abri des regards (pas toujours possible selon les employeurs et l’endroit où l’on travaille) ou qu’il soit en trop mauvais état pour soulever l’intérêt du voleur.

Ce que l’on semble oublier dans ce débat est que le transport en commun est la solution de masse et celle qui, à la longue, réduira les embouteillages monstres auxquels les automobilistes font face tous les jours ainsi que la pollution de nos villes.

Travaillant dans la couronne nord depuis quelques années, je constate deux choses : il n’y a pas de transport en commun me permettant de me rendre à mon travail et le stationnement de voitures que j’ai le loisir d’observer tous les matins de l’autre côté de la voie me fait penser que nous n’avons toujours pas trouvé la solution à ce problème qui est présentement le plus grand fléau des villes de l’Amérique du Nord ! Et ce n’est pas le vélo, aussi bon soit-il pour notre santé, qui viendra y remédier.

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 26 septembre 2016 08 h 53

    Et de plus

    Madame Côté écrit "Travaillant dans la couronne nord depuis quelques années, ...." Y demeurez-vos aussi, si vous y travaillez ? Ou vous est-il impossible d'y vivre parce que votre conjoint travaille, lui, à Point-Claire ou St-Hubert ou parce que vous n'y trouvez pas de logement qui vous convienne ou parce que vous vous occupez de votre mère vieillissante ou autre raison ? Le problème est donc l'étalement urbain car il est impossible d'établir à coût raisonnable un réseau de transport en commun efficace quand l'habitat est dispersé comme dans la couronne nord.

    • Jean Richard - Abonné 26 septembre 2016 13 h 09

      On a commencé avec l'étalement résidentiel. L'étalement commercial a suivi. Et maintenant, l'étalement industriel fait le reste.

      Papa travaille à Brossard, Maman à Saint-Eustache. Fiston va au cégep de Longueuil et fistonne à l'université McGill au centre-ville. Et Pitou a son vétérinaire à Repentigny, Minou à Saint-Jérôme. La famille réunie habite à Bois-des-Fillions.

      L'étalement multi-dimensionnel a multiplié de façon quasi-logarythmique les besoins en transport, transports qui ne peuvent être collectifs car la collectivité ne veut pas faire face aux coûts élevés que ce mode de transport, exclu des plans de développement, entraîne.

  • Jean Richard - Abonné 26 septembre 2016 13 h 01

    Entre mai et octobre ?

    Le plus grand obstacle au vélo d'hiver est la neige au sol et non pas le froid (côté température, si on peut faire du ski alpin, on peut aussi faire du vélo). Le vélo sans neige est donc praticable d'avril à novembre inclusivement, ce qui fait plus que six mois.

    Et si le vélo devient plus difficile avec de la neige au sol, c'est que nos techniques de déneigement n'y sont pas adaptées, résultat de tant de décennies de savoir-faire exclusivement automobile.

    Par ailleurs, il n'a jamais été question de remplacer une dictature par une autre, autremement dit, il n'a jamais été question de créer une dictature du vélo pour remplacer la dictature de l'auto présentement au pouvoir. Mais il est possible et surtout souhaitable de doubler, tripler la part modale des modes de transport à faible consommation d'énergie et surtout à faible encombrement urbain. Le vélo est au sommet au chapitre de l'efficacité dans un nombre maximal de situations.

    Il semble que les pires périodes pour la congestion soient les mois de septembre et octobre, deux mois parfaitement cyclables (mieux qu'en été quand il fait très chaud). Or, allez voir comment se passent les choses dans l'axe de la ligne orange du métro. Prenez tous les cyclistes qui transitent sur les artères et les pistes cyclables entre Clark et Christophe-Colomb. Mettez ces milliers de cyclistes dans le métro et vous ne ferez qu'ajouter au problème de la saturation de cette ligne. Aussi, si le vélo soulage le métro saturé de la fin mars au début décembre, qui va oser dire qu'il ne contribue pas à la solution ?