Hypocrisie dans les sports

La NFL prévoit de consacrer 100 millions de plus au développement de nouvelles technologies et au soutien de la recherche médicale liée aux blessures à la tête (Le Devoir, 15 septembre). Comme le football, le hockey prend depuis quelques années des mesures pour diminuer les coups à la tête et réduire le nombre de commotions cérébrales. Or, dans ces deux sports, les coups qui provoquent des commotions cérébrales sont soit des coups défendus, sujets à de sévères punitions, soit des coups accidentels que l’on ne peut pas tous éviter.

Mais il est un sport, la boxe, que l’on glorifie même si son meilleur coup, le K.-O., qui consiste à assommer l’adversaire, entraîne souvent une commotion cérébrale. À la mort de Mohamed Ali, on n’a pas tari d’éloges pour cet athlète qui, durant sa carrière, en a envoyé plusieurs au pays des rêves avec les conséquences que l’on sait. On n’a pas souligné cependant que, selon plusieurs spécialistes, la maladie de Parkinson dont Ali souffrait était due aux nombreux coups à la tête qu’il avait reçus au cours de sa carrière.

Il y a là une grande hypocrisie : d’un côté, on prend des mesures pour protéger les athlètes, de l’autre, on encourage le public à admirer les boxeurs, dont le but avoué est de porter des coups dangereux à l’adversaire. On qualifie même la boxe de « noble art ». Et personne dans le monde du journalisme ne dénonce cette contradiction. Pourquoi ? Se peut-il que les commentateurs acceptent comme normal ce double standard ? Se peut-il qu’on ait peur de dénoncer un sport dont le chiffre d’affaires est colossal ? On se perd en conjectures.

Aux derniers Jeux olympiques, on a enlevé leur casque aux boxeurs, pour leur sécurité a-t-on dit, et on a maintenu le port du casque des boxeuses… pour leur sécurité ! Encore ici, on nage en pleine hypocrisie.

1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 24 septembre 2016 16 h 19

    Lettre tout à fait pertinente et originale

    Bravo !