La négation de la société québécoise

Francine Pelletier, dans sa chronique du mercredi 14 septembre, explique le choix du multiculturalisme au Canada par une moyenne : « Les immigrants de première et deuxième génération comptent pour plus de la moitié de la population canadienne. » Le problème réside dans le fait que cette moyenne masque deux réalités très différentes. Au Canada anglais, environ 30 % de la population est d’origine britannique alors qu’au Québec, environ 80 % de la population est d’origine française. En d’autres termes, la société canadienne-anglaise est constituée de communautés dont aucune n’est majoritaire, alors que la société québécoise reste une société relativement homogène, où 80 % de la population a une même origine. Dans ces conditions, on peut comprendre le choix du multiculturalisme au Canada anglais. En revanche, rien ne justifie ce choix pour le Québec. L’utilisation de ce type de moyenne vise, à mon avis, ni plus ni moins qu’à masquer ou à nier les caractéristiques particulières de la société québécoise.



La réponse de Francine Pelletier

M. Jacques,

Excellent point que vous soulevez. Je ne conteste pas du tout le fait que le Québec n’est pas le Canada ni l’idée que nous devrions gérer notre immigration en conséquence. Je souligne seulement pourquoi le Canada est devenu multiculturaliste et comment, faute de mieux, le Québec l’est devenu également.

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2 commentaires
  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 15 septembre 2016 09 h 24

    le Canada n'est pas le Québec...

    M. Jacques, vous avez tout à fait raison de souligner ce fait: le Québec n'est pas le Canada. MM. Bouchard et Taylor l'avaient très bien souligné dans la version longue et courte du Rapport final de la Commission.

    Dans son Rapport rendu public en mai 2008, les commissaires Bouchard et Taylor faisaient ce constat en page 122 de la version longue: «il n’existe plus de groupe ethnique majoritaire au Canada. En1986, les citoyens d’origine britannique y représentaient environ 34 % de la population canadienne tandis qu’au Québec, les citoyens d’origine canadienne-française formaient alors une forte majorité de 78%.

    Il s’ensuit qu’au Canada anglais, on se préoccupe moins de la continuité ou de la préservation d’une vieille culture fondatrice, mais bien davantage de l’unité ou de la cohésion nationale».

  • Hélène Paulette - Abonnée 15 septembre 2016 12 h 26

    Faute de mieux...

    Je ne le vous fait pas dire, madame Pelletier.