L’insupportable vie scolaire

Rien n’est moins innocent que le laisser-faire, souligne Pierre Bourdieu dans son livre La misère du monde. Les verdicts scolaires font partie dans nos sociétés des innombrables atteintes à la liberté mais l’obsolescence des partis politiques, incapables d’apporter des idées neuves, de mobiliser des énergies collectives et de prendre le problème de l’exclusion scolaire de front, souligne la vétusté de notre théâtre politique coupé de cette réalité.

En 2012-2013, 50 064 élèves ont quitté l’école sans diplôme ni qualification, un problème qui se répète année après année. C’est ahurissant. Que deviennent-ils ? Que font-ils ? Le monde politique devant cette énormité se montre incapable de mettre en scène un consensus sur le fond du problème et sur lequel on pourrait construire l’avenir, à savoir une autre école en milieu défavorisé. Le laisser-faire et le fatalisme l’emportent encore.

Les mécanismes scolaires producteurs de l’échec et de son corollaire, l’abandon — dit autrement, l’exclusion —, sont connus. Ne pas tirer parti des possibilités qui s’offrent, ne pas faire face à ses responsabilités et à ses devoirs revient à démissionner, à refuser de prendre les moyens d’utiliser les marges de manoeuvre laissées à l’action. C’est honteux. En politique le sens moral s’en est allé.

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5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 14 septembre 2016 07 h 55

    Un ministre inutile

    S'il y a un ministère ou le ministre a une influence nulle et non-avenue, c'est bien le ministère de l'éducation québécois; ce ministère est dirigé par une pléthore de champions de la réforme perpétuelle. Ces clowns de la pédagogie forcent nos enfants à avaler de force leurs incongruités.
    Car, au bout du compte, notre système forme 50% "d'analphabètes fonctionnels". Les diplômés, rescapés de ce désastre, n'ont pas les qualités pour affronter leur vie d'adulte. Devant ce naufrage, que peut faire le ministre?
    Rien, absolument rien, sinon que de tenir des propos insignifiants : "nous allons réinvestir xxx millions dans l'éducation."
    Dans le 30% de décrocheurs, il y a des enfants qui en ont marre d'être pris pour des imbéciles insignifiants. L'éducation québécoise coule à pic, tsé veu dir, genr.
    François Dugal, enseignant à la retraite.

    • Johanne Fontaine - Abonnée 14 septembre 2016 11 h 17


      Untel, 27 ans, détient son bulletin de sec I;
      avant cela, il a fait quatre années de primaire
      dans le corridor d'une école de Joliette.
      Il gagne maintenant honnêtement sa vie
      dans un dispensaire de cannabis
      de Vancouver.
      Sur la vidéo de sa page Facebook:
      un halo de fumées et de vaps cache son minois.

      Plus près, chez moi,
      rue Louis Hémon,
      dorénavant,
      j'inhale
      avec philosophie,
      la fumée concitoyenne,
      qui me contamine.
      Effet secondaire?
      J'ai cessé de me plaindre.

      Un peu à la manière
      dont j'encaisse, résignée
      la cacophonie des poids lourds
      ambiante,
      incessante;
      on me prescrit la campagne,
      sans savoir que j'en arrive.

      Locataire au 111, rue de la Fabrique,
      à St-Cuthbert
      j'ai survécu à deux pas du cimetière,
      au milieu des rugissements
      de fouets et de tracteurs à gazon,
      à l'ombre du clocher paroissial;
      cousin à moi de la fesse gauche,
      le curé diffus(e)ait ses offices urbi et orbi.

      Et fiinalement,
      la dernière fois où je me suis rendue
      au Mont Bellevue,
      c'était, je crois,
      le premier dimanche d'août;
      fraîchement installée,
      environnée par la canopée
      de ce paradis boréal,
      ma cadette se lamentait, livide
      de n'avoir pu fermer
      l'oeil de la nuit, la veille,
      en plein festival des véhicules hors route
      tenu sur le versant opposé,
      à un jet de pierre
      du pittoresque village avoisinant.

  • Armand Morissette - Inscrit 14 septembre 2016 12 h 11

    La formation

    Dans presque tout les domaines, de l'électricitė à la physiothérapie, les professionnels doivent participer à des séances de formation, les employeurs doivent consacrer un pourcentage de la masse salariale à la formation, c'est mais c'est au ministère de l'Éducation que le taux de participation au rafraichissement des connaissances est le plus bas. Ce qui a conduit à une réforme à l'encontre des données probantes et à l'installation pour un demi milliard de tableaux électroniques périssables, en milieu scolaire humide. Le développement durable du parti libéral.

  • Hélène Boily - Abonnée 14 septembre 2016 14 h 39

    La faute aux autres

    Encore une analyse de surface. Quel "plasteur" on pourrait bien mettre? On n'essaie jamais de remonter à la source. Autrefois, nous avions une valeur et elle a disparu: le savoir. L'instruction ou le savoir pour être plus libre. Entendons: libre de penser. Maintenant on veut être libre de dépenser. Rien de plus facile! Notre cerveau s'est atrophié et nous sommes pour toujours des enfants. "Ça me le prend! C'est de la faute à..."

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 14 septembre 2016 19 h 05

      Je suis d'accord avec vous et avec M.Amen qui reproche avec raison l'incurie surement volontaire des 2 derniers gouvernements libéraux. Sachons penser a s'en débarasser au plus coupant.Difficile quand l'opposition est tellement fragmentée.Le P.M rie dans sa barbe.....