Innocent

Je me suis fait traiter d’innocent ce matin par un cycliste qui réclamait la priorité de passage alors que je traversais, comme piéton, la rue Marie-Anne vers le sud, sur la rue Saint-André. Pourtant, j’étais bien arrivé le premier au coin de la rue côté ouest et il y a bien un panneau d’arrêt du côté est, que le cycliste a choisi d’ignorer. Même un automobiliste, qui a fait son arrêt, a choisi d’avancer alors que j’étais encore au milieu de la rue.

C’est la première fois à cet endroit. Mais la foire d’empoigne est beaucoup plus fréquente à l’intersection de la rue Saint-André et de la rue Cherrier, où un passage piétonnier permet de traverser la rue Cherrier : ce passage piétonnier traverse aussi la piste cyclable. Il y a bien un panneau qui rappelle aux automobilistes qu’ils doivent s’arrêter pour donner priorité aux piétons, mais le piéton ne doit donner aucun signe d’hésitation. Par contre, pour beaucoup de cyclistes, le piéton n’est pas du tout respecté. Sur la piste cyclable entre l’avenue du parc Lafontaine et la rue Saint-Hubert, c’est souvent une piste de course pour vélos : tout pour faire peur aux piétons, malgré la présence du passage piétonnier.

J’espère que l’arrondissement ne déplacera pas le passage piétonnier au coin de Saint-Hubert soi-disant pour protéger les piétons, alors que c’est le comportement irresponsable de certains cyclistes qui est la cause du risque d’accidents, ceux-là mêmes qui roulent aussi à contresens du trafic ou sur les trottoirs et qui font fi de la signalisation.

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 8 septembre 2016 11 h 09

    La présence de l'autre

    Qu'on se déplace assis à l'intérieur d'une caisse de deux tonnes, en enfourchant une bécane de 15 ou 20 kilos, ou en se tenant debout sur une simple paire de godasses, les modes de transport ne font pas nécessairement de nous un ange ou un diable.

    Entre l'automobiliste, le cycliste et le piéton, il y a un dénominateur commun, qui influence à la fois sa culture et son éducation, et j'ai nommé l'individualisme.

    L'individualisme influence les comportements. Il tend à nous priver de la conscience de l'autre. Les modes de transport ne font qu'amplifier cette tendance. La voiture, en isolant son conducteur de l'environnement physique de l'autre, agrave les effets pervers de l'individualisme. Entre un automobiliste et un piéton, il n'y a plus de contact tactile, plus de contact auditif, olfactif. Il ne reste plus qu'un contact visuel très restreint. Cette non participation des sens pour déceler la présence de l'autre vient renforcir l'inconscience de l'autre, qu'il soit cycliste ou piéton.

    Le cycliste est moins isolé de son environnement que ne l'est l'automobiliste. Mais la différence de vitesse entre le cycliste et le piéton (quatre fois plus grande) vient modifier le comportement des sens. La perception sensorielle de l'autre est probablement plus élevée que chez l'automobiliste, mais elle est loin d'être maximale, et l'inconscience de l'autre augmente avec la vitesse. Ajoutons qu'une bonne partie de l'attention d'un cycliste est détournée vers la voiture, perçue comme une menace permanente.

    Et les piétons ? On n'en parle guère, mais l'inconscience de l'autre existe entre piétons. Des piétons qui marchent quatre de front sur les trottoirs et qui ne s'écartent pas d'un poil pour vous laisser passer, ça fait partie du quotidien. Les attroupements de fumeur aux portes des restos ou des bars qui bloquent le passage sans se préoccuper des passants, c'est du souvent vu.

    Éducation et individualisme font mauvais ménage, à pieds, à vélo ou en voiture...