Pourquoi aimer un chien potentiellement méchant?

Aimer les chiens, c’est bien ; mais aimer les humains, c’est mieux. Le débat qui fait rage, c’est le cas de le dire, depuis plusieurs semaines au sujet de la protection de chiens potentiellement dangereux me semble tout à fait dérisoire quand, pendant ce temps, les bombes continuent de pleuvoir sur les humains, et d’autres humains continuent de se noyer.

Stop, et appelons « un chien un chien ». À la suite du drame inimaginable qui a eu lieu à Montréal — une femme attaquée et mise à mort par un chien —, on a vu une levée de boucliers de propriétaires, d’associations de propriétaires et de vétérinaires pour défendre la protection des chiens à potentiel d’attaque. Stop.

J’aimerais savoir pourquoi un bon citoyen poli, gentil, vivant dans une société particulièrement douce, a envie de devenir l’ami d’un chien potentiellement méchant. Il l’achète, il en prend soin, il le dresse, parfois même il le dresse à attaquer. Forcément qu’il l’aimera, après ces longs mois d’intimité, à savoir le dressage de ce chien choisi par lui, pour en faire un ami, mais juste SON AMI !

Est-on vraiment obligé de s’organiser pour aimer un animal qui peut facilement devenir « un tireur fou », quand il y a tant de chiens aimables ?

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2 commentaires
  • Jacques Tremblay - Inscrit 29 août 2016 12 h 02

    Vous avez parfaitement raison.
    La fondation Mira par exemple utilise seulement quelques races de chiens d'un naturel particulièrement empathique envers les êtres humains et, en plus, ce ne sont que quelques rares spécimens d'entre eux qui ont le tempérament nécessaire pour accomplir adéquatement leurs tâches. Donc chaque races de chiens à ses qualités et ses défauts pour lesquelles ils sont recherchés. Vu son caractère fondamentalement teigneux et imprévisible le pitbulls ne devrait pas être considéré comme un animal domestique au même titre qu'un ours de cirque présenté sous un chapiteau avec une chaîne et muselière est un animal "contrôlé" mais non domestiqué. On ne doit plus tolérer dans l'espace publique la présence d'animaux dont l'agressivité de sa race est sa principale qualité.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

  • Marc Therrien - Abonné 29 août 2016 17 h 42

    La même question se pose pour l'amour entre humains d'ailleurs

    "Il l’achète, il en prend soin, il le dresse, parfois même il le dresse à attaquer".

    Parfois,c'est plutôt tout le contraire qui arrive et qui peut expliquer le problème: il le néglige, ne le promène pas suffisamment, parfois même le bat si bien que lorsque le chien frustré sort dehors, il a une tonne d'énergie et d'agressivité disponibles. Le domaine de la relation entre l'humain et le chien fera sûrement bientôt l'objet d'une recherche de maîtrise (ou Doctorat?) en psychologie ou sociologie. Pour le reste, tous les humains qui ont déjà de la difficulté à bien éduquer leurs 1,2 ou 3 enfants qui en plus, ont 1 ou 2 chiens, ne feront pas mieux avec ces derniers d'autant plus s'ils les considèrent comme de simples jouets-toutous. Éduquer et discipliner un chien, c'est tout un travail.

    Marc Therrien