Le burkini de la controverse

Tolérance, diversité, ouverture. Trois mots qui persistent à cantonner les défenseurs de la liberté individuelle dans un carcan contraignant qui conduit inévitablement à des aberrations irrationnelles. Tel est le coeur du débat qui surgit aujourd’hui dans notre société sur le port du burkini.

Djemila Benhabib est Algérienne, de culture musulmane. Elle a grandi à Oran, sur le bord de la Méditerranée, et a passé tous ses étés de jeunesse à la mer. Pour elle, c’est clair, le burkini est une arme. Et on doit l’interdire. « Les islamistes sont de très bons stratèges ; ils investissent le champ des droits individuels parce qu’ils savent pouvoir y faire des gains. Ils pensent à long terme, grignotent des espaces petit à petit. Nous sommes piégés. Il faut sortir de cette logique des droits individuels. »

Pourquoi faut-il toujours défendre avec acharnement nos us et coutumes, alors que nous nous plions docilement aux coutumes des pays que nous visitons ? « Au Caire, je ne me balade pas en minijupe, par respect pour les valeurs et les sensibilités des gens, pour ne pas troubler la quiétude et l’ordre public. Se pavaner en burkini sur la Côte d’Azur après l’attentat de Nice, c’est de la pure provocation… », de poursuivre Mme Benhabib.

Les Occidentaux souffrent de la sclérose des accommodements raisonnables… Peut-être serait-il temps de réaliser que le burkini est l’un des nombreux symboles de l’islam radical et, qu’en ce sens, il doit être interdit.

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17 commentaires
  • Pierre Desautels - Abonné 26 août 2016 07 h 41

    Benhabib se trompe...


    Aux dernières nouvelles, nous vivons dans un état de droit. Si de simples gestes de citoyennes sont perçus comme de la provocation, alors la provocation en soi devrait être illégale? Cela n'a aucun fondement juridique et ne passerait pas l'étape de notre Charte québécoise des droits et libertés.

    De plus, son point de vue est minoritaire dans son parti et aucun des candidats à la chefferie du PQ ne soutient une interdiction. Nous ne sommes pas en France et les idées du FN ne passent pas ici...

    • Gilbert Turp - Abonné 26 août 2016 12 h 31

      L'an passé, aux USA, on a remisé un drapeau sudiste dans un musée, parce que la population noire y voyait une provocation.
      Je vous rappelle ça pour éclairer le fait que la difficulté avec les symboles, c'est qu'il faut s'entendre collectivement sur ce qu'ils signifient et représentent.
      Quelqu'un disait que tous réprouveraient sans malaise le port du vêtement du Klu-Klux-Klan sur nos plages. On comprendrait la portée provocatrice. Même si l'individu qui le revêtait n'y voyait, lui, qu'un choix individuel lié à son identité ou ses croyances.
      L'ennui avec les signes religieux, c'est qu'on est en conflit les uns avec les autres sur leur sens. Qui décide de ce qu'ils signifient en l'absence d'un minimum de consensus ?
      Le sens que vous y voyez n'est visiblement pas celui que madame Benhabib y voit. Mais il est péremptoire de votre part d'affirmer qu'elle se trompe et que, par conséquent, vous avez raison.

    • Pierre Desautels - Abonné 26 août 2016 15 h 58

      Votre argument ne tient pas la route. Bizarre de se servir de l'exemple du symbole raciste du drapeau sudiste, alors que pour le burkini, qui est là depuis plusieurs années, il existe autant d'explications différentes autant de celles qui le portent que de ceux qui le vilipendent.
      Et vous ne nierez pas que la communauté musulmane en France subit la discrimination et le racisme dans le logement et l'emploi, entre autres, tout comme les noirs aux U.S.A. ...

    • Marc Therrien - Abonné 26 août 2016 16 h 14

      Comme la vérité performative de l'évangile

      Plus je lis sur ce sujet et plus j'y pense, je découvre que des personnes comme Djemila Benhabib, au même titre que le faisaient les autorités religieuses, utilise les possibilités performatives du langage pour créer une vérité du simple fait de l'énoncer. Elle s'y connaît en la matière, dont est vrai ce qu'elle croit et elle croit en ce qu'elle dit et nous invite à la croire parce que c'est elle qui nous le dit. Dans l'exercice de la performativité dans les jeux de langages, il peut être amusant de jouer au sceptique qui soulève des doutes. Dépendant du sens de l'humour de notre interlocuteur, on s'amusera un peu ou pas du tout si notre interlocuteur interprète notre scepticisme comme de la provocation.

      Marc Therrien

    • Gilbert Turp - Abonné 27 août 2016 09 h 27

      Monsieur Therrien, merci de souligner le fait qu'il faut avoir un peu le sens de l'humour dans cette tribune.
      Vous avez raison, nous vivons sous le règne de la sémantique. On peut douter de la parole de tous et il est sain de manifester un scepticisme souriant et légèrement amusé devant les affirmations péremptoires.

  • Cyril Dionne - Abonné 26 août 2016 08 h 03

    Je rêve que,

    Au Québec, on vit selon les valeurs de la société d'accueil qui a produit un pays qui fait l'envie de tous, incluant nos énergumènes islamistes qui se bousculent pour venir y vivre. Et lorsque les coutumes culturelles seront réciproques en Orient et en Occident, on pourra parler de burkini au Québec comme on pourra parler de string sur les plages en Arabie Saoudite. Mais, est-ce un rêve ?

    Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo et s'épanouira comme nation à part entière sur la scène mondiale libéré de ses chaînons fédéralistes et multiculturalistes parce que nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes et femmes sont créés égaux.

    Je rêve qu’un jour, même au Québec, avec ses abominables libéraux, avec son premier ministre venu d'Orient, Philippe d'Arabie dit de "Porter", à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fondamentales, que là même au Québec ou à Riyad, un jour les femmes musulmanes pourront porter le string et se promener toutes seules ou même conduire une voiture sans être voilée. Je fais aujourd’hui un rêve !

    Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée sans burkini, toute colline et toute montagne de la discrimination positive seront rabaissées, les endroits escarpés du racisme inversé seront aplanis et les chemins tortueux des libéraux et islamistes redressés, la gloire de la démocratie sera révélée à tout être fait de chair.

    Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne au pays de mes ancêtres, les patriotes obligent. (Milles excuses à Martin Luther King).

  • Bernard Terreault - Abonné 26 août 2016 08 h 07

    Au contraire

    Il faut l'ignorer. Comme il faut ignorer les t-shirts violents ou obscènes de certains jeunes. Ils et elles finiront par se trouver ridicule.

    • Marc Therrien - Abonné 26 août 2016 16 h 22

      Comme quand mon grand-père, qui aimait avoir la paix, disait de 1 ou 2 voisins bizarres et dérangeants, "si je ne veux pas qu'ils se mêlent de mes affaires, alors je ne me mêlent pas de leurs niaiseries qui ne me regardent pas".

      Marc Therrien

  • Michel Lebel - Abonné 26 août 2016 08 h 21

    Droits et responsabilité

    Je serais porté à vous donner raison. Il ne faut jamais isoler les droits et libertés; ils s'exercent dans une société donnée, avec son histoire, ses traditions et son mode du vivre-ensemble. Droits et responsabilité vont de pair. Tout immigrant a l'obligation morale de s'intégrer dans le pays hôte. Le port du burkini, en France en particulier, dans le contexte actuel, me semble avant tout un acte offensif et provocateur. À ne pas accepter.


    Michel Lebel

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 26 août 2016 12 h 02

      D'autant plus que contrairement à l'imposition de la rouelle et de l'étoile de David, ce vêtement imposé par la rigueur religieuse est synomyme de l'enfermement et surtout de l'auto-exclusion volontaire.

    • Michel Lebel - Abonné 26 août 2016 12 h 26

      Ajout,

      Je pense que toute femme musulmane vivant en France, ainsi que son conjoint, devraient facilement comprendre que, dans le contexte actuel, il n'est pas du tout approprié de porter le burkini sur une plage. Bref, il est inutile d'ajouter de l'huile sur le feu.
      Je constate présentement que le Conseil constitutionnel français a une autre opinion; chacun son évaluation des situations, tant sur le plan politique que juridique.

      M.L.

    • Pierre Desautels - Abonné 26 août 2016 14 h 08

      @Michel Lebel

      Respectueusement, le Conseil d'État de France vient de rendre sa décision et n'est pas de votre avis:

      "Le Conseil d’État rappelle à tous les maires qui ont invoqué le principe de laïcité qu’ils ne peuvent se fonder sur « d’autres considérations » que l’ordre public, « le bon accès au rivage, la sécurité de la baignade ainsi que l’hygiène et la décence » pour interdire l’accès aux plages."

    • Michel Lebel - Abonné 26 août 2016 15 h 24

      @ Pierre Desautels,

      Sur cette question du burkini, il me paraissait évident, à prime abord, qu'il fallait permettre son port au nom du droit à la liberté. Je savais aussi qu'on ne pouvait isoler la question de son contexte, dont la forte présence musulmane en France et les nombreux attentats meurtriers qui y ont été commis, ces dernières années, au nom de l'islam.

      Mais alors que faire? Comment ne pas mettre de l'huile sur le feu? Mais qui met cette huile? Des éléments de droite ou certains musulmans? Tout compte fait, la décision du Conseil d'État est sans doute la plus sage el la plus juste en droit. La ''question musulmane'' demeurera toutefois entière en France et sans doute pour plusieurs années encore.

      Michel Lebel

  • Michel Blondin - Abonné 26 août 2016 09 h 29

    Madame et la tire

    Madame David, la personne qui se veut solidaire à tous, n'a aucun argument raisonnable pour défaire ou contrer cet envahissement.

    Ses motifs sont devenus politiques partisanes et groupales.

    À court d'arguments de la raison, mais entêtée, elle fait plier tout le Québec dans le sens contraire par culpabilisation et mollesse des politiciens et de quelques électeurs intéressés.
    Elle n'a plus le sens du devoir, mais de la milice idéologique irréfléchie.

    Elle tire aussi le PQ dans un sillon de l'indécision et de l'hésitation idéologique par corruptions du pouvoir de râteler plus large en se dédisant.