Adieu, Port-au-Persil

Dans le récit de ses voyages pour l’année 1626, Samuel de Champlain note : « Du port aux femmes [rivière Noire] l’on va au Persil distant près d’une lieuë, qui est anse derrière un Cap où il y a une petite rivière qui assèche de Bassemer, elle vient des montagnes qui sont fort hautes, il y a ancrage proche, et à l’abry du vent du Su, venant à Ouest, jusques au Nortnordest. »

Par la suite, Port-au-Persil sera régulièrement attesté, notamment sur une carte de Franquelin en 1685. Quatre cents ans plus tard, cette description géographique de Champlain est toujours aussi criante de vérité. Quatre siècles durant lesquels le village s’est développé grâce aux Boies, Boily, Boult, Bourgoing, Carré, Harvey, McLaren, Savard. Le nom de Port-au-Persil a traversé les siècles avec ses histoires de fascines, de goélettes, de chapelle sur la grève… Ce nom et ce lieu qui ont inspiré les Jean-Paul Lemieux, Gabrielle Roy et autres artistes semblaient voués à la pérennité.

Et pourtant… Ce printemps, nous avons constaté que le panneau d’accueil à l’entrée de Port-au-Persil a été retiré. Il est réapparu quelques semaines plus tard avec la simple inscription « Bienvenue à Saint-Siméon ». Disparu, Port-au-Persil ? Disparu, Port-au-Persil. Quelque part, quelqu’un a jugé que faisant suite aux fusions, la période de transition était terminée. Aujourd’hui, que faut-il célébrer ? La culture de l’inculture ou l’abandon du patrimoine toponymique ? Probablement les deux.

12 commentaires
  • Chantale Desjardins - Abonnée 1 août 2016 07 h 30

    Remettre Port-au-Persil

    Impossible d'éliminer ce nom historique sous prétexte de la fusion. C'est notre histoire qu'on élimine et ce nom restera toujours dans nos coeurs.

  • Daniel Le Blanc - Inscrit 1 août 2016 07 h 47

    Fais pas simple

    On efface le temps pour simplifier, on coupe les noms pour être plus efficaces, on oublie qui on est pour changer d'image dans le miroir de l'Histoire.

  • Gilles Delisle - Abonné 1 août 2016 08 h 00

    Regroupement, intégration et fusion, pour notre sauver des sous , bien évidemment!

    Village pittoresque et unique, Port-au-Persil passe dans la moulinette des administrateurs. Charmant village de Charlevoix qui m'a attiré plus d'une fois, ne méritait pas de passer sous la coupe des fusionneurs et intégrateurs de toutes sortes, comme cà s'est fait dans nos grandes villes. En France, imaginez une fusion du village de l'arrière-pays de Provence, Maussane-les-Alpilles, que j'ai fréquenté il y a quelques années, avec une plus grande agglomération serait impensable.

  • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit 1 août 2016 08 h 09

    Oubli ou sensibilité?

    Dans les Cantons-de-l'Est, à Sherbrooke, il y a aussi eu des fusions.

    D'abord le village de Huntingville a été absorbé par Lennoxville. Puis, il y a environ 10 ans, Lennoxville a été fusionné à Sherbrooke.

    Pourtant, on trouve toujours sur les routes des panneaux indiquant que nous entrons dans le territoire de Huntingville.

    Pourquoi? Peut-être par respect pour les vieux résidents... ici pour la plupart anglophones?

  • Réjean Arsenault - Abonné 1 août 2016 11 h 24

    Port-au-Persil

    De plus en plus je doute de la pertinence de notre devise "Je me souviens".
    Réjean

    • Renée Lavaillante - Abonnée 1 août 2016 16 h 34

      Je me souviens qu'il faut oublier et renier.