La liberté de l’Homme

Attentats à la mitraillette, au camion, à l’arme blanche, attentats suicides, bombes à fragmentation, égorgements, etc. Mais pourquoi toute cette violence contre des innocents, enfants ou adultes ? Rescapé lui-même des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale, le regretté Elie Wiesel disait qu’après la barbarie des camps de la mort, il ne pouvait plus croire en Dieu, car celui-ci n’avait pas empêché l’indicible.

Mais l’Homme est libre, libre de faire le bien comme le mal. Il peut aimer comme il peut violer et tuer. Il faut bien le reconnaître, l’Homme est binaire ou divisé en lui-même, l’Histoire nous le révèle chaque jour depuis des siècles. Pourquoi donc cette violence ? Parce que l’Homme est tiré vers le bas comme vers le haut. La conquête de la liberté, de la liberté du bien est une longue et difficile construction. Puissance et pulsion d’amour et de haine se mêlent constamment. L’Homme est toujours à libérer.

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6 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 juillet 2016 07 h 30

    croire en Dieu

    Dieu c'est à peu près comme du tofu; tu peux le mélanger avec n'importe quoi. C’est une page blanche sur laquelle n’importe qui peut inscrire ses revendications et se sentir appuyé. Pourquoi ? Parce que personne ne peux vérifier. «Dieu est avec nous», «God bless America», «Allahou ackbar». Il est fort possible que Dieu soit polyglotte. Ou… comme je le crois, rendu sourd après tous ces hurlements.
    «Tu ne tueras point» «Aimez-vous…» Ça pogne pas fort fort ! Même les disciples de l’amour infini sont «sélectifs».

    «Essayez de ne pas faire de tors aujourd’hui» Autre version de la prière des AA

    PL

  • François Beaulé - Abonné 28 juillet 2016 07 h 52

    Contradiction

    Dans le même paragraphe, M. Lebel prétend que l'Homme est libre puis termine en disant le contraire. Il faudrait savoir. Coudonc ! L'Homme est-il libre ou non ?

    Si l'Homme est à libérer, c'est qu'il n'est que partiellement libre. Ou alors que l'individu ou un groupe d'individus est aliéné. Par une maladie mentale ou une idéologie religieuse ou politique, un fanatisme. Ou aveuglé par ses pulsions agressives ou un sentiment comme la jalousie.

    L'Homme avec un grand H n'est pas un individu mais plutôt l'humanité. L'humanité n'est pas un absolu, n'en déplaise aux humanistes. Contrairement aux autres espèces animales, l'humanité n'a pas une stabilité définie par ses gènes. L'humanité est une réalité dynamique. L'Homme est une recherche d'absolu. Il ne possède pas plus la liberté que la vérité ou l'amour. Il ne possède pas l'absolu, il le cherche. Il erre souvent, maladroitement. Il structure le bien mais le mal aussi, dans de complexes interactions sociales qui le définissent temporairement.

    L'individu a du mal à accepter sa mort. Il voudrait pouvoir connaître la fin de l'histoire. La majorité des gens refuse à ce point l'inéluctable qu'elle s'invente une vie après la vie. Avouons que la condition humaine est aussi formidable que difficile à assumer pleinement.

    • Michel Lebel - Abonné 28 juillet 2016 13 h 50

      Lorsque je dis que l'Homme est libre, je veux dire, comme croyant, que Dieu l'a créé libre. Dieu ne l'oblige à rien, vraiment à rien. Mais l'Homme concret est conditionné, pris avec son passé, le sien propre et celui des générations antérieures. Il est ''emprisonné'' consciemment ou inconsciemment par tout ce passé.
      Dans ce sens, il n'est pas libre; il doit se libérer de bien de choses, de tout un bagage négatif qu'il traîne; il doit seulement garder le positif. C'est un ''programme'' pour toute la vie et pour la vie de chacun. ''Méchant'' programme, comme dirait l'autre! Mais c'est ''le prix à payer'' pour se libérer de la haine et de la violence.


      Michel Lebel

  • Yvon Bureau - Abonné 28 juillet 2016 09 h 11

    L'erreur serait-elle divine?

    Prémisse discutable. Philosophiquement parlant.

    Toute une prémisse : l’Homme est libre.

    Si on croit à 100% à cette prémisse, ce texte, fort bien écrit, est logique et a sa grande part de vrai et de vérité.

    «l'Homme est tiré vers le bas comme vers le haut». L'Homme est donc un élastique. Parfois trop détendu, trop souvent trop tendu, à en «petter» trop souvent. En plus, l'Homme est attirié de tous les côtés. Votre Dieu aurait pu faire mieux! L'erreur serait-elle divine?

    Michel, merci pour ce texte.

  • Marc Therrien - Abonné 28 juillet 2016 17 h 20

    La liberté dans l'enclos qui rapetisse

    Que de souffrances pour ce pauvre humain dans lequel il y a encore de l’inhumain. Il est déchiré entre son idéal de devenir un ange et les instincts primaires de son animalité qu’il doit réprimer pour demeurer libre. C’est Aristote qui disait que l’homme est un animal politique. Doté de la pensée et de la parole avec lesquelles il se retrouve pourtant seul avec tout cet immense silence du monde qui l’entoure ou qui le dépasse, il interroge l’Être, le Vrai, le Bien, etc. qui ne répondent pas.

    Si on circonscrit ici le concept de liberté à son sens politique qui est la liberté d’être capable de faire ce qu’on veut, qui n’est cependant jamais absolue mais plutôt relative dans le contexte de coexistence des individus libres dans la civilisation, celle-ci est actuellement menacée; l'enclos rapetisse. En quittant le règne de la jungle ou de l’état de nature pour former la civilisation, l’humain s’est donné des lois visant à garantir une liberté relative d’action pouvant s’exercer sans être entravée par la violence d’autrui. La liberté de tous est garantie tant que chacun est capable de respecter ce contrat social. Menacer et terroriser autrui pour limiter sa liberté d’agir est le but premier de tout intimidateur qui fait usage de la violence. L’envie d’enlever à l’autre ce qu’il possède et dont il jouit est un phénomène qu’on observe très tôt chez les très jeunes enfants qui se tiraillent pour des jouets. Une saine éducation parentale favorise l’extinction de ce comportement, mais malheureusement la sélection naturelle et culturelle font en sorte que ce ne sont pas tous les enfants qui en bénéficient également.

    Pour le reste, parlant de Dieu, c’est quand même incroyable qu’un être dit parfait ait créé une œuvre aussi imparfaite. À moins qu’il ne s’agisse que d’un brouillon ou d’une esquisse et que la version finale et achevée du chef d’œuvre se réalise par l’humain lui-même. C’est ma définition de l’espérance.

    Marc Therrien

    • François Beaulé - Abonné 28 juillet 2016 22 h 41

      La liberté d'action à laquelle vous faites référence est une liberté individuelle. Une des fonctions d'un État libéral est la défense des libertés individuelles. L'État démocratique devrait aussi développer et réaliser des projets collectifs. La liberté a aussi une dimension collective et sociale.

      Dans la vie de tous les jours, matérielle et temporelle, il est vrai que l'on se pile sur les pieds et qu'une liberté toute relative est un compromis entre les désirs et les volontés de chacun.

      Pour un chrétien, la liberté est dans le lien.... si le lien est Amour. Cette liberté idéale dépasse l'individu. C'est l'Amour qui est libre quand les individus se donnent à lui et s'aiment les uns les autres. Voilà la transcendance de l'Amour-Liberté-Vérité.

      La politique et la religion ont chacune leur rôle, des rôles distincts, dans la quête de la liberté.