Déversement pétrolier à Prince Albert, une leçon à retenir!

Lettre au premier ministre du Québec, Philippe Couillard,

Monsieur, nous assistons, impuissants, à un déversement pétrolier de bonne envergure à Prince Albert, en Saskatchewan, qui voit cette ville privée de son approvisionnement en eau potable. Il est assez ironique qu’un déversement de cette ampleur touche la province d’un premier ministre propétrole, Brad Wall ; ce même politicien qui appelait, en début d’année, le Québec à remettre sa part de la péréquation à la suite du refus de laisser Énergie Est passer sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Le projet de pipeline Énergie Est ne peut que menacer les cours d’eau qui approvisionnent les villes québécoises. Imaginez la région métropolitaine de Montréal privé d’eau pour une durée indéterminée… Je préfère ne pas penser au chaos que cela engendrait !

Monsieur Couillard, il faut que vous affirmiez, haut et fort, votre refus à Énergie Est, un projet qui n’apportera rien financièrement au Québec et qui sera une honte pour une province qui cherche à améliorer son bilan environnemental. Que ce déversement qui afflige les habitants de Prince Albert serve de leçon à ce qui arrivera ici au Québec si nous ne disons pas non à Énergie Est !

12 commentaires
  • Jean-Paul Carrier - Abonné 27 juillet 2016 05 h 45

    Argent ou environnement?

    Belle lettre! Cependant, pourquoi l'énoncé : ...un projet qui n’apportera rien financièrement au Québec...(Pascal Campeau )?

    Est-ce à dire que des retombées économiques viables modifieraient votre position?

    Ce n'est pas la première fois que quelqu'un véhicule ce genre de discours et chaque fois je m'étonne qu'on les marie dans une même lancée. Retombées économiques et environnement ne vont pas toujours de pair. Imbriquer dans le discours le volet économique réduit les revendications environnementales comme un acteur de deuxième plan. Puissions-nous extraire un million de barils de pétrole par jour pendant les 25 prochaines années soit ~ $365 milliards; justifierait-il l'exploitation sur Anticosti?

    • Gilbert Turp - Abonné 27 juillet 2016 09 h 26

      Je crois que monsieur Campeau voulait souligner que l'absence d'intérêt économique était en quelque sorte la cerise sur le sundae de cette aberration désastreuse.
      Bref, non seulement on serait complices malgré nous d'un futur crime contre l'humanité, mais en plus, on ne ferait même pas une cenne avec.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 27 juillet 2016 17 h 32

      Comme Monsieur Turp, je pense que Monsieur Campeau voulait dire que nous avons absolument TOUT à perdre (la vie a-t-elle un prix?) et absolument RIEN à gagner...Il semble que pour nos gouvernements, l'économie soit plus importante que l'écologie. En résumé: le pétrole est plus important que l'eau...Entre un verre de pétrole et un verre d'eau (essentielle à la vie), il me semble que le choix devrait être évident! Enfin...ça dépend pour qui...

    • Michèle Cossette - Abonnée 27 juillet 2016 18 h 19

      Je crois que M. Campeau s'efforce simplement de parler la langue de M. Couillard...

  • Benoit Thibault - Abonné 27 juillet 2016 07 h 58

    Des infrastructures à risques

    Tout à fait d'accord pour l'ensemble de votre lettre.

    Un aspect peu discuté des pipelines c'est le risque d'un acte criminel qui aurait pour but de déstabiliser une société (voir l'article dans la page A2 du Devoir de ce matin). Imaginer un tel acte ces impacts sur les habitants de municipalité du Québec

    La sécurité est aujoudhui moins étanche, on doit plus que jamais en tenir compte. Les conséquences de la perte d'une ligne hydoélectrique on peut sans doute faire avec, mais un déversement majeur de pétrole!

    Les pipelines sont des infrastructures très à risques !

  • Pierre Raymond - Abonné 27 juillet 2016 08 h 18

    ...et si !

    Et il y a un autre mot sur lequel repose tout l'argumentaire des propétroles et c'est le mot « si » comme dans « Si il y avait déversement... ».

    Tout le monde sait qu'il y aura « des » déversements, grands comme petits, et que les promoteurs qui veulent notre bien ne seront pas, encore une fois, convenablement préparés et outillés pour faire face aux désastres.

    Évidemment, plusieurs de nos concitoyens sont prêts à fermer les yeux là-dessus s'il y a des retombées économiques car personne n'aura donné l'heure juste sur les « coûts réels » de la décontamination.

    Manquons-nous de carburant au Québec ? NON, alors...

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 27 juillet 2016 08 h 57

      (Pierre Raymond) Manquons-nous de carburant au Québec ?

      OUI

      Pour autant que nous ne sommes pas autosuffisants.

      La question n'est pas là. Tant et aussi longtemps que nous n'aurons pas remplacé nos besoins en énergie par une énergie propre (renouvelable n'est pas un bon mot) nous aurons besoin de l'énergie fossile. Et effectivement, tôt ou tard, il y aura un déversement, c'est inévitable. Ce qui est évitable ce sont les dommages à l'environnement.

      La question n'est pas de savoir le coût d'un déversement, mais bien d'être prêt à contrer efficacement et effectivement à toutes éventualités. Si nous ne pouvons pas garantir posséder les moyens pour contrôler tout déversement AVANT d'affecter nos lacs et rivières ,alors le projet ne peut aller de l'avant.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 27 juillet 2016 09 h 13

    En évitant soigneusement de se prononcer fermement

    contre cet oléoduc de malheur,notre bon Couillard est pret a subir les décisions du brillant géant Justin en s'agenouillant et disant "Je suis insignifiant et Trudeau est grand." Le contraire des Nations Autochtones et leur sagesse. Je voterai pour un homme ou une femme debout.

  • Gilles Teasdale - Abonné 27 juillet 2016 09 h 33

    Roulette Russe

    La question n'est pas de savoir SI mais de savoir QUAND et a quel endroit.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 29 juillet 2016 22 h 13

      Oui, c'est cela: ROULETTE RUSSE.