Mauvaise nouvelle pour le Québec

Les 13 provinces et territoires canadiens se sont entendus pour fixer une cible d’immigration francophone hors Québec de 5 %. C’est une mauvaise nouvelle pour la seule province majoritairement francophone du Canada. Pourquoi ?

Le Québec peine déjà à accueillir un nombre suffisant d’immigrés francophones ; or avec la concurrence des autres provinces, ce sera encore plus ardu. Comme l’anglais est la langue majoritaire dans le ROC, les immigrés connaissant les deux langues officielles seront choisis en priorité. Or c’est ce que le Québec recherche le plus : les immigrés bilingues.

La cible de 5 % ne sera pas suffisante pour assurer la survivance des communautés francophones dans le ROC, mais il en résultera que le Québec peinera encore plus à contrer le déclin du français et le progrès de l’anglais ici.

Non, décidément, c’est une mauvaise nouvelle pour le Québec. Mais je comprends le sourire béat du ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier. Pour un fédéraliste convaincu, cela concourra à affaiblir le mouvement indépendantiste. Car moins il y aura de francophones au Québec, moins il y aura d’avenir à un Québec libre.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

3 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 26 juillet 2016 07 h 44

    Ne vous inquiétez pas

    Quand ces gens se rendront compte qu'il est impossible de vivre en français dans le ROC, ils déménageront au Québec. J'ai déjà travaillé avec un tel immigrant.

  • Cyril Dionne - Abonné 26 juillet 2016 09 h 06

    C'est peut-être une mauvaise nouvelle pour le Québec, mais tous ces nouveaux immigrants francophones seront assimilés en moins d'une génération dans le ROC. Ils auront le choix; soit se blottir dans des très petits ghettos linguistiques ou bien s'allier à la grande majorité en ce qui les emplois et autres. Impossible de s'émanciper en français hors Québec.

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 26 juillet 2016 10 h 33

    Dénationalisation et canadianisation du Québec: mode d'emploi


    Le processus de la dénationalisation et de reconstruction est somme toute assez simple, il a fait ses preuves chez les nations autochtones, chez les Acadiens et les Franco manitobains, et ce avec grand succès.

    Le Québec, qui a quasi échappé au Canada en 1995, n'y échappera pas, tous les dossiers essentiels à sa survie sont aujourd'hui touchés: éducation, immigration, culture, langue, recherche et sciences, traditions et économie.

    Contrairement aux moyens drastiques qui furent utilisés dans les siècles précédents au Canada tels que la déportation, l'exécution et l'emprisonnement, la disparition d'une nation se fait aujourd'hui tout en douceur, dans la longue durée, imperceptiblement et sans douleur, au fil quelquefois des décennies sans que rien, ou presque, n'y paraisse. Ce n'est qu'en comparant les comparables que l'on détecte les anomalies sociétales, telle l'anglicisation du Québec francophone.

    Imperceptiblement, "en 2006, quelque 20 000 francophones et 158 000 allophones (pour un total de 178 000) s'étaient anglicisés contre quelque 144 000 allophones francisés, ce qui laissait une augmentation de 34 000 nouveaux anglophones." Voir http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/Quebec-2demo

    Que penser quelques dix années plus tard? (Aucun récente recherche démographique disponible et pour cause!). Comment ne pas être pessimiste face à la lente agonie de la nation québécoise? Comment ne pas comprendre que cette dégringolade est froidement planifiée, après la grande frousse de 1995?