La mélasse d’Anticosti

Quel bourbier, Anticosti ! Le tout commence par le gouvernement Marois, mais sans doute bien avant. Comme le port de Gros-Cacouna, qui a fait rêver les gens du coin depuis le début du XXe siècle ! Mais c’est le gouvernement Marois qui ouvre ici sérieusement le bal préélectoral en 2014 ; c’est un rêve d’un klondike pétrolier. Le gouvernement et de petites entreprises (pas de grosses) s’impliquent dans le projet. Les défenseurs de l’environnement y apportent beaucoup de réserves. Arrive le nouveau gouvernement libéral. Le premier Couillard ne veut rien savoir de l’exploitation gazière à Anticosti, mais il autorise l’exploration, soit la fracturation hydraulique, histoire, dit-il, de respecter le contrat… secret conclu par le gouvernement Marois.

Mais nous nageons ici dans l’absurde : une exploration limitée est permise, mais au grand jamais il n’y aura d’exploitation à Anticosti, foi de Philippe Couillard. Maintenant, les Innus, menaçants, se mêlent de l’affaire, voulant être davantage consultés. Les habitants d’Anticosti eux-mêmes s’opposent majoritairement au projet, comme les élus de la Côte-Nord.

Bref, c’est une sacrée pagaille. Conclusion : que Philippe Couillard mette enfin ses culottes et mette fin à la récréation. Fin du projet et du rêve ou, plutôt, d’une balloune tristement électoraliste. Et dédommageons, s’il le faut, les compagnies privées impliquées. La population applaudira et la mélasse sera enfin consommée !

2 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 14 juillet 2016 06 h 57

    L'ancienne Première ministre et le nouveau

    Il est tout de même inacceptable que le gouvernement Marois ait pu accorder de tels engagements financiers sans obtenir l'approbation de l'Assemblée nationale.

    Et maintenant, puisque le gouvernement actuel et la population du Québec s'opposent à la fracturation, M. Couillard devrait refuser de financer les forages. La compagnie veut poursuivre l'État. Et bien qu'elle le fasse. On s'en fout !

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 14 juillet 2016 12 h 54

    Dresser le décor pour le chevalier de la vertu

    Cette lettre correspond en tout point à ce qui est attendu par le gouvernement, et provoqué par ses actions : faire comme si l'exploitation d'Anticosti (qui ne serait qu'à mettre au compte du Parti Québécois...) était réaliste, mais que seul un preux chevalier environnementaliste pourrait se faire le défenseur des cerfs et l'empêcher...

    C'est risible.

    En premier lieu, M. Charest a vendu l'île, ce qu'il est pertinent de rappeler, donc la nécessité d'oeuvre en rattrapage avec des entreprises privées ne découle pas de l'électoralisme de Mme. Marois. Celles-ci a toutefois fait en sorte que des entreprises pas sérieuses puissent jouer son jeu, avec pour récompense du financement public. Tout le monde rigole.

    Maintenant, et depuis des mois, il est bien clair qu'il n'y aura pas d'exploitation sur Anticosti (quel gaspillage ce serait, aucune compagnie sérieuse ne compte s'y risquer....), du moins dans la prochaine décennie.

    Toutefois, M. Couillard et quelques zélés naïfs, maintiennent les projecteurs sur cette scène, gonflant l'enjeu, multipliant les hauts cris et les donnant la parole aux divers désespérés, souhaitant qu'au moment de la prochaine campagne, le bon gouvernement libéral pourra annoncer en triomphe que l'exploitation sur Anticosti n'aura pas lieu, grâce au preux Couillard.

    Pendant ce temps, le peuple béat, illuminé par la Grâce, ne verra pas Énergie Est et le port industriel de Cacouna être construits.