Le Québec n’est pas un lieu où construire un pipeline

Le 6 juillet dernier, Le Devoir nous apprenait que le premier ministre Trudeau s’était prononcé contre le projet de pipeline Northern Gateway en Colombie-Britannique : « La Great Bear Rainforest n’est pas un endroit pour construire un pipeline de pétrole brut. »

Nous voudrions entendre un tel cri du coeur du premier ministre en ce qui concerne la protection du fleuve Saint-Laurent et des quelque 860 rivières et ruisseaux que le pipeline projeté d’Énergie Est traverserait au Québec. Pourquoi hésiter à dire que le Québec « n’est pas un endroit où construire un pipeline de pétrole brut » ? M. Trudeau ne peut-il pas conclure que le pétrole des sables bitumineux doit rester enfoui là où il repose depuis des milliers d’années plutôt que de contribuer par son extraction et son transport à la production massive de CO2 et à une pollution dévastatrice pour la planète ?

Heureusement, partout au Québec des citoyennes et des citoyens sont de plus en plus nombreux à faire ce constat et à élever leurs voix contre ce dangereux projet issu d’une époque révolue.

Du 14 au 20 août, sous l’égide de Stop oléoduc Outaouais, se tiendra une marche citoyenne de 122 kilomètres entre Saint-André-d’Argenteuil et Gatineau sur le thème « Protégeons notre climat, marchons pour nos rivières »… avec l’espoir que toutes ces voix qui s’élèvent seront entendues !

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13 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 13 juillet 2016 07 h 47

    Bravo

    Rien à rajouter.

  • Gilbert Turp - Abonné 13 juillet 2016 08 h 30

    Merci monsieur Rochon

    Quand je pense que Pierre Elliot Trudeau s'était battu pour préserver le fleuve à hauteur de Grondines contre les lignes à haute tension d'hydro, je me demande ce qu'il dirait à fiston s'il le voyait être si hésitant, si balbutiant devant la monstruosité d'Énergie-Est.
    On voudrait détruire le Québec qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

  • Gilles Teasdale - Abonné 13 juillet 2016 10 h 19

    C.B .--Québec

    Deux poids deux mesures?

  • François Beaulne - Abonné 13 juillet 2016 11 h 25

    Deux Poids Deux Mesures?

    Merci Monsieur Rochon de votre intervention. Comme l'ont souligné d'autres commentaires, ma première réaction est de me poser la question: y aurait'il effectivement dans la tête de Justin Trudeau deux poid deux mesures entre le souci de protéger l'environnement de la Colombie Britannique (d'où sa mère Margaret est originaire) et celui du Québec? Je me rappelle l'avoir entendu tenir des propos semblables au journaliste Dutrissac de l'emission les Francs Tireurs lors des élections fédérales. Si tel est le cas, nous aurions intérêt à le savoir le plus rapidement possible pour prendre les dispositions qui s'imposent.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 13 juillet 2016 11 h 39

    Mais non monsieur Rochon.


    «M. Trudeau ne peut-il pas conclure que le pétrole des sables bitumineux doit rester enfoui là où il repose depuis des milliers d’années plutôt que de contribuer par son extraction et son transport à la production massive de CO2 et à une pollution dévastatrice pour la planète ?»

    La production massive de CO2 se produit quand vous et moi consommons du pétrole, soit par nos propres véhicules, soit par ceux des différents services de transport qui nous sont accessibles, et par tout type de service dont on dispose et qui commandent la combustion de pétrole pour nous le rendre ce service.

    Dans tous les cas de figure c'est pour ''Nous'' que ce pétrole brule.

    Et qui donc change ses habitudes et est vraiment prêt a réduire son accès aux multiples facilités et conforts que procure cet incomparable concentré d'énergie qu'est le pétrole ?

    Réponse: vraiment, vraiment pas grand monde.

    Y inclus des vedette comme Al Gore... qui préserve le confort que procure sa richesse par l'achat de crédits de carbone, véritable blanchisseur de conscience à effet placébo, c'est à dire qui soulage l'esprit sans vraiment rien changer.

    Au final les discours semblable au vôtre qui prônent l'arrêt d'extraction de pétrole au Canada ne peuvent se tenir que par la certitude que pétrole viendra de toute façon ''d'ailleurs'', loin de chez soi, et de l'image que l'on se fait de ce chez soi (ce qui inclu généralement tout les lieux de loisirs qui nous disponibles, grace au pétrole...).
    C'est à l'image d'ailleurs des crédits de carbone, »je pollue ici pour mon confort mais je paye pour que quelque part ailleurs, dans un obcur recoin, ou l'on travail à dépolluer ma consommation, donc je suis ''clean''«.

    Non vraiment M. Rochon, votre discours en est un de ''pas dans cour'' (cour étendue ici à l'autre bout du Canada). Et ces discours ne changent pas d'un iota le niveau pollution qu'entraine notre confort de vie, et ne nous en disculpe surtout pas.

    • Gilbert Turp - Abonné 13 juillet 2016 12 h 30

      Ne faites pas semblant de ne pas comprendre, monsieur Arès.

      L'exemple vient d'en haut, pas d'en bas. Si Turdeau le veut, demain matin, il peut ordonner l'électrification complète des transports publics et des trains. Il peut tripler les taxes sur l'essence (taxe pour le droit de polluer), etc, etc.

      Remettre le fardeau sur les épaules de vous et de moi est erroné dans ce débat.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 13 juillet 2016 18 h 40

      «Il peut tripler les taxes sur l'essence (taxe pour le droit de polluer), etc, etc.»

      Et pourquoi il ne le fait pas ?

      Parce que pour être élu démocratiquement il doit faire ce que le plus grand nombre veut qu'il fasse. Et ne pas multiplier par trois les taxes sur le pétrole est une des choses dont probablement 95% de la population ne veut pas.

      Mais il serait plus intéressant de demander pourquoi vous voyez une solution dans l'augmentation des taxes-pétrole multipliées par trois, pourquoi faut-il que la solution vienne d'en haut et soit ''répressive'' des attentes clairement indiquées par les choix de consommation que les gens font (plus de 50% des nouveaux véhicules sont des VUS et camions) ?

      Pour ma part la réponse est simplement que c'est une fuite en avant en remettant toutes responsabilités ''sur d'autres''. Que les VUS et camions composent la majorité des ventes des nouveaux véhicules doit surement aussi être la faute de quelqu'un d'autre. A la fin tout le monde est en position de victime...

      Non vraiment M. Turp je ne fais pas semblant de ne pas comprendre, mais au contraire de vous je comprend que les émois environnementaux tournent presque toujours autour du ''pas dans ma cour''.

    • Gilbert Turp - Abonné 14 juillet 2016 08 h 43

      Mais cela, monsieur Arès, ne revient-il pas à dire que vous êtes pour le pipeline ?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 juillet 2016 14 h 11

      Je ne suis pas plus chaud que la moyenne des ours sur ce pipeline M. Turp. Comme tout le monde je n'y trouve pas grand chose qui serve notre intérêts immédiat.

      Mais nos intérêts ne sont pas que immédiat, ou dans nos frontières proches. Je nous vois mal faire les puristes ici alors que tout le pétrole que l'on consomme sans retenu nous vient des quatre coins du monde depuis toujours.

      Le point sur lequel je crois qu'il pesez le plus fort c'est sûr une mise en place qui se rapproche le plus près possible du risque zéro. Et cela commence rendre totalement responsable l,entreprise d'éventuelles fuites, et de voir a ce quelle soit solvable. BP vient de sortir un bilan de ce que lui coute Deepwater Horizon, + de 60G$. Il n'y a pas de meilleurs arguments pour convaincre de faire les choses du mieux que l'on peut !

      --
      Mais surtout, je me désole de ce genre d'environnementalisme qui se cherche des appuis avec jouant sur le ''pas dans ma cour'', ce qui rime que trop bien avec ''c'est pas de ma faute'' et ''c'est aux autres à le faire'', et ''touche pas mon confort, touche pas mes acquis''. Donc rien qui fasse vraiment avancer les choses.

    • Gilbert Turp - Abonné 15 juillet 2016 20 h 18

      Bien, merci de vos éclaircissements, je vous comprends mieux.

      Comme il faut de nuances, dans un monde qui ne laisse plus grand place aux nuances...