Aide à mourir: les médecins victimes d’acharnement

Je me sens interpellée par le récent débat sur l’administration de l’aide médicale à mourir (AMM) au CUSM et au CHUM. Il me semble que mes collègues ont le dos bien large ces temps-ci. Il est vrai que, historiquement, l’unité des soins palliatifs (USP) du Royal Victoria a été une pionnière au Québec, et l’équipe du CUSM en est la fière héritière. Mais prétendre que l’accès à l’AMM est restreinte parce que les patients ne peuvent la recevoir dans l’USP m’apparaît erroné. Le fait de changer un patient de chambre pour recevoir divers types de soins est courant dans un hôpital et je ne vois pas comment cela peut outrepasser les délais prévus par la loi sur l’AMM lorsque les processus sont bien établis.

N’en déplaise à M. Barrette, Mme Hivon et à Me Ménard, on peut aborder les disparités régionales dans les demandes de différentes façons : pourquoi les demandes sont-elles plus nombreuses à Québec ? Question d’attitude médicale ? De profil sociopsychologique ? De perception des patients face à l’accessibilité de certains soins ? Il est, selon moi, réducteur de s’acharner uniquement sur les médecins des USP, et le ministre, fidèle à lui-même, a trouvé un nouvel épouvantail sur lequel s’acharner. Il y a des mécanismes de suivi et de contrôle prévus à la loi, laissons-les fonctionner.

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