Pour un peu d’espoir

La visite à Ottawa du grand président américain, sa rencontre avec Justin Trudeau et la « bromance » sincère entre les deux hommes m’ont profondément ému. Cet événement m’a ramené à l’automne 2008, il y a bientôt huit ans, alors qu’Obama terminait sa campagne en scandant haut et fort avec son peuple « Yes we can ». À ce moment, j’ai été rempli d’espoir que le vent allait tourner, que grâce à ce nouveau leadership nous allions enfin nous attaquer en priorité à la peste que représentaient déjà les changements climatiques.

Puis la réalité politique américaine a freiné le président visionnaire dans plusieurs des plus belles initiatives qu’il souhaitait concrétiser. Pendant ce temps, au Canada, Stephen Harper et son manque flagrant de vision nous enfonçaient toujours plus creux dans la catastrophe écologique de Fort McMurray.

Obama parcourt aujourd’hui ses derniers milles à titre de président de ce grand pays d’Amérique, première puissance mondiale. Au même instant, devant nous, Donald Trump agite le spectre de possibles années à venir teintées de décisions dangereuses et de bouleversements violents. Dans ce contexte, comment Justin exercera-t-il ici et dans le monde son leadership ? Que nous racontera donc l’histoire sur Justin Trudeau ?

Je pense que notre jeune et brillant premier ministre dispose d’un terrain fertile pour mettre son leadership à profit. Les milliards annoncés en infrastructures doivent servir à construire non pas de nouvelles routes, mais plutôt des ponts entre notre réalité actuelle et celle nécessairement différente dans laquelle évolueront nos enfants.

Justin arrivera-t-il à défendre l’idée que la réduction de notre dépendance au pétrole peut et doit être amorcée vigoureusement en revoyant dès maintenant nos schémas d’occupation du territoire ? Saura-t-il reconnaître et encourager des projets d’avenir avec moins d’automobiles et une gestion plus efficace des déplacements des marchandises et des personnes ?

Saura-t-il reconnaître des initiatives locales exceptionnelles et prioriser des projets phares, carboneutres, porteurs de sens et de retombées économiques pour les communautés ?

Justin arrivera-t-il à faire la preuve qu’écologie et économie peuvent, et doivent, aller de pair ?

Montréal, le 1er juillet 2016