Drapeau et identité

Antoine Baby, dans Le Devoir du 25 juin et 26 juin, propose de modifier le drapeau québécois parce que des citoyens d’origines diverses ne s’y identifieraient pas. Ce drapeau imposerait une identité trop exclusive et contraindrait les nouveaux arrivants au repli communautaire. Mis à part le fait que le commun des mortels ne perçoit pas nécessairement tout ce qui irrite M. Baby devant ce fleurdelisé (« il date, il est d’origine française et prérévolutionnaire, catholique… »), on se demande pourquoi, sous prétexte d’intégrer tout le monde, il faudrait que des symboles forts de la culture d’accueil s’effacent.

M. Baby aurait intérêt à lire le texte de Mathieu Pelletier sur le philosophe Michel Freitag dans la même édition de ce journal. Interprétant Freitag, Pelletier écrit ceci : « la défense des droits particularistes devient littéralement […] un instrument de dissolution de la société. » Voulons-nous vivre dans une telle société ? Et pourquoi aussi les renoncements identitaires devraient-ils s’opérer de manière unilatérale ? Comme le souligne à juste titre ce « Devoir de philo », « la déconstruction de la tradition et des normes au nom des multiples discriminations qu’elles engendreraient aux diverses minorités doit elle aussi se soumettre à la critique […] sans quoi, la dynamique engendrée par les libertés et les droits concurrents risque bien de devenir une nouvelle lutte de tous contre tous ».

Certains sont convaincus que le progrès ne se mesure qu’à l’aune d’un État libéral neutre, sans histoire propre, où ne se côtoieraient que des individus reliés par des chartes, des lois et où des tribunaux sauraient trancher « objectivement » quand des conflits surviennent. Et si c’était, justement, cette vision oblitérant tout tronc commun qui ouvrait la voie aux communautarismes de tout acabit et aux replis identitaires ?

1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 28 juin 2016 11 h 55

    Là n'est pas la question

    Le Québec est-il encore royaliste et catholique? Non. Cela disqualifie-t-il notre drapeau? Sans doute pas, mais on peut toujours en discuter.

    Fin du Ô Canada complet:

    Et répétons comme nos pères
    Le cri vainqueur: Pour le Christ et le Roi! (bis)