Persévérer dans sa nation

Quel plaisir de lire et d’approfondir le philosophe Spinoza (Amsterdam, 1632 – La Haye, 1677) ! Il ne faut pas hésiter à lire aussi ses commentateurs, car Spinoza n’est pas toujours facile à saisir. Son concept de conatus est très riche. Le conatus, c’est l’effort de toute personne pour persévérer dans son être. Le conatus, c’est l’élément actif de notre être. C’est la source de notre volonté. Le conatus, appliqué à l’esprit et au corps, s’appelle l’appétit. Et le désir, c’est l’appétit accompagné de conscience. La pensée de Spinoza nous permet d’éclairer les concepts et de les ordonner.

Pourrait-on appliquer le concept de conatus aux nations ? Les nations doivent, elles aussi, faire un effort pour persévérer dans leur être. Surtout en cette époque de mondialisation où le discours dominant flétrit la notion de nation. Le concept de nation ne doit pas être vu comme un repli frileux sur soi, mais comme une volonté riche de durer, dans une perspective de diversité, de particularisme et d’altérité. La nation, il faut en prendre conscience, y réfléchir, en raffiner le concept pour en enlever les scories et en tirer tout le suc. Il n’y a pas d’internationalisme sans nationalisme. Décidément, Spinoza a le tour de réveiller et d’aiguiser les esprits. Bonne fête nationale !

2 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 20 juin 2016 03 h 40

    Si vous me le permettez...

    Si vous me le permettez, ce principe s'applique aux peuples sans hésiter; pour quiconque est un moins un peu connaissant de ce qu'il est, bien entendu.
    Ce principe fondamental culturellement, est incarné par le sentiment partagé du patriotisme des individus.
    Partagé, donc politique.
    Et qui trouve sa limite d'expression dans un nationalisme si étroit, qu'il repose sur l'exclusion de certains qui, toujours, sont perçus par la société majoritaire comme si inadaptés, qu'ils en justifient l'innacceptable. Celui-là de ne pas respecter chez la minorité en question les principes et les droits démocratiques attachés à la personne...
    De ne pas les respecter en faussant la perception des réalités ou encore, en trichant avec ses propres règles...

    Vive la République du Québec libre !

  • Gilbert Turp - Abonné 21 juin 2016 08 h 29

    Spinoza disait aussi

    Que le sentiment d'oppression qui plombait son peuple se dissoudrait le jour où les juifs se donneraient un État laïc !!!