Le fanatique n’a pas d’âme

Il n’a que des pulsions meurtrières. Il se dit religieux, il est sans foi ni loi. Il se prétend de Dieu, il y a du Satan en lui. La haine est sa marque de commerce, l’instinct de mort son flux nourricier. Il tue sans discrimination, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, toujours des victimes sans défense. Sa lâcheté est à la mesure de sa perversité d’assassin. Peuplé de bourreaux et de tortionnaires, son univers est contigu à ceux d’Auschwitz et du goulag. Il laisse derrière lui, à Paris, à Bruxelles, à Orlando et ailleurs, des sillons de sang et d’opprobre.

Le fanatique est laid, vil, abject. Sa victime est belle, digne, elle est l’honneur de notre pauvre humanité. Par-delà la mort, elle nous parle d’amour, encore d’amour. Mais le fanatique ne le sait pas, car il est sans âme.

5 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 14 juin 2016 07 h 57

    Désolé pour vous, satan n'existe pas, pas plus que votre dieu. Les êtres imaginaires et extraterrestres ne sont qu'une aberration de l'imagination populaire en quête de sens propre.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 15 juin 2016 09 h 14

      Je veux bien vous suivre dans votre logique, mais ma limite se trouve au «mal» et au «bien» qui «eux» sont très présents.

      PL

    • Cyril Dionne - Abonné 15 juin 2016 17 h 27

      Mais le mal ou le bien, qui est une invention humaine M. Lefebvre, n'a rien à voir avec les amis imaginaires.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 juin 2016 08 h 57

      Bien d'accord avec vous, mais éliminer les amis imaginaires n'enlèvera pas ni le bien ni le mal. Nommer autrement les choses ne les fait pas disparaitre. Sublimer le bien en le nommant «dieu» et le mal en le nommant «satan» n'y change pas grand-chose, car les deux sont une vision très humaine de percevoir les choses. Arracher les étiquettes de sur les boites de bines n'empêche pas qu'il y ait des bines dans la boite. Si nous considérons que «dieu et diables» sont des principes du bien et du mal, renommer ces principes ne les font pas moins importants, car ils grugent la vie humaine depuis que Caïn a tué Abel (selon la légende).

      Le bien et le mal ne sont pas des «inventions humaines» car dans la nature les adultes de plusieurs espèces animales sanctionnent leur progéniture quand ils ou elles font mal et les gratifient quand ils et elles font bien.

      J’ai très hâte que l’humain ne se considère pas si «spécial», car il n’est qu’un maillon d’une chaine d’évolution tout à fait «naturelle» du simple au complexe. Il n’est qu’un peu plus dévastateur que les sauterelles avec l’avantage ou l’inconvénient (selon le point de vue) d’un cerveau plus développé. Le reste n’est que «parlotte».

      Bonne journée.

      PL

  • Pierre Raymond - Abonné 14 juin 2016 17 h 15

    ...mais quand même !

    M. Haroun, je suis athé mais votre texte me touche beaucoup.
    C'est court mais ça dit tout.