La chasse aux chômeurs

Il est toujours de bon ton d’articuler le discours officiel sur l’axe du contrôle des abus, de la fraude afin d’épingler les sales profiteurs du système. Les stéréotypes et les préjugés sur les prestataires d’assurance chômage ont la couenne dure : des paresseux en vacances payés ou de la job, y en a pour ceux qui en veulent.

« Les Canadiens s’attendent à une gérance judicieuse du régime de l’assurance-emploi », peut-on lire dans le Rapport de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi 2014-2015. C’est pourquoi le service d’intégrité a procédé à près de 290 000 enquêtes au cours de cette période, sur des cas présumés d’erreur ou de fraude. Le plus souvent, il s’agit de simples erreurs sur des déclarations incorrectes du travail et de la rémunération…

On parle ici d’économies de l’ordre de 351 millions de dollars. Ouh là ! C’est énorme ! Non, pas vraiment, le montant total des prestations d’assurance-emploi versées en 2014-2015 avoisine les 16,3 milliards de dollars, on parle en fait d’un microscopique 0,02 %.

La population obnubilée par cet écran de fumée en oublie le véritable scandale : moins de 40 % des sans-emploi se qualifient au bénéfice des prestations ! Ce « discours » sur la fraude à l’assurance-emploi participe d’un« ciblage obsessionnel » des prestataires qui contribue à masquer les dysfonctionnements du régime et, notamment, son incapacité à fournir des prestations aux ayants droit.

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