Bon vent, Yannick Nézet-Séguin, mais n’oubliez pas les «vieux modèles»

Yannick Nézet-Séguin au Met de New York et c’est l’euphorie médiatique. Imaginons l’hystérie si les musiciens de la Philharmonie de Berlin l’avaient choisi pour succéder à Simon Rattle ? En 2015-2016, Kent Nagano a amorcé sa première saison en tant que nouveau directeur musical de l’Opéra de Hambourg et de son orchestre ; le buzz a été nettement moins retentissant. Pourrait-on affirmer que, sans être équivalentes, ces deux nominations sont du moins aussi éclatantes et exigeantes l’une que l’autre ? Sans doute nous faut-il féliciter le « p’tit gars d’ici », mais ne devrions-nous pas ressentir autant de fierté envers un Montréalais d’adoption sexagénaire devenu en quelque sorte un maître du « start-up », duquel, avec James Levine, Nézet-Séguin pourrait fortement s’inspirer dans le cadre de ses nouvelles fonctions ? Ils sont épatants, les jeunes loups du podium, les Nézet-Séguin, Gustavo Dudamel, Vasily Petrenko et Tugian Sokhiev, pour ne nommer qu’eux, mais n’oublions pas que tant de remarquables « vieux modèles » servent encore de phares afin de pérenniser un art que la jeunesse d’aujourd’hui juge a priori moins attrayant…

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3 commentaires
  • Henriot M. Sabourin - Abonné 4 juin 2016 09 h 05

    Pouquoi vouloir "niveler" ou abaisser....?

    Encore une belle occasion de constater qu'aussitôt qu'un des nôtres est "porté aux nues", il y quelqu'un qui se charge de "couper" une tranche de son pied d'estale.....au nom d'une supposée équitabilité...
    Sommes-nous encore à ce point "complexés" ???

  • Christophe Huss - Abonné 4 juin 2016 19 h 50

    Tant qu'à parler de niveaux

    J'oserais ajouter que l'équipe des "Porte-Patio" est en tête de la ligue des Pamplemousse 2015-16, ce qui vaut assurément, aux yeux de certains, le parcours des Pinguins de Pittsburgh !

    D'un côté, un certain chef a rétrogradé en passant de la plus prestigieuse Maison d'opéra d'Allemagne à une honorable et respectable Maison "B" ou "C+" du même pays. De l'autre côté un certain chef, Québécois, accède à la plus grande maison du Monde. C'est quoi le rapport, à part celui que dictent les faits ?

    On va être clair. Jamais ô grand jamais il ne m'effleure et m'a effleuré l'esprit de douter de la possibilité de succès de Nezet au Met : il est né pour ça, comme d'autres sont nés pour devenir Lionel Messi ou Pape. Cela s'appelle une destinée. Ça, c'est le Point 1.

    Point 2. Comme dans certaines successions politiques, il y a des missions plus immédiatement gratifiantes que d'autres. Or tout est à faire au Met: vraie politique de chefs invités (en veilleuse depuis 40 ans); décrassage musicologique de fond (par exemple sur certaines éditions de partitions de Mozart); création de diverses scènes avec la "marque" Met (ex. l'Opéra de Paris a 3 scènes) permettant l'accès à un nouveau public, etc.
    Les équipes sont formidables, la sclérose des habitudes est profonde. C'est un boulevard qui s'ouvre: et pour 20 ans au bas mot !

    Point 3. Le job du Met est mille fois plus intéressant que Berlin, où le chef est en quelque sorte l'homme-sandwich d'une coopérative de musiciens surpuissante.

    PS: Dudamel n'est pas "épatant". La beaudruche se dégonfle tous azimuts aussi spectaculairement que Yannick Nézet Séguin gagne en aura, en calibre, en maîtrise, expérience et inspiration. Parmi les stupidités, la plus énorme fut bien d'entendre à la TV qu'il "n'a pas progressé et a toujours été". Certes il a été en avance, mais sa qualité Nr 1 (attesté de moult façons à l'interne à Rotterdam comme à Philadelphie) est justement sa fulgurante faculté de progresser dans une oeuvre à vitesse G

    • Pierre Bernier - Abonné 5 juin 2016 09 h 48

      @CH

      Voilà ce qui est traiter des méandres de l'épaisseur du réel !