Le déclin de l’empire américain

Le déclin de l'empire américain

 

 

Donald Trump a fait des élections primaires américaines la meilleure série de téléréalité jamais produite. De même, l’ascension d’un milliardaire qui n’a de qualification présidentielle que pour son empire financier est l’apothéose de la téléréalité transposée dans la vie réelle.


La paranoïa a amené les gens du peuple à voter à des niveaux historiques pour retrouver leur fierté, leur sécurité et le fameux rêve américain. Sous le règne républicain précédent, la suprématie mondiale que ce pays a connue s’est considérablement effritée. La soif exagérée de s’enrichir a provoqué une crise financière sans précédent et porté l’iniquité sociale à son paroxysme. Ironiquement, c’est un républicain qui se présente comme le rédempteur providentiel de ce gâchis.
 

L’establishment du parti fait face à un sérieux dilemme. Destituer Donald Trump provoquerait une véritable guerre civile. Le supporter avec un colistier comme Paul Ryan en contrepoids semble la seule solution valable. Restera l’étape finale avec la candidate présumée Hillary Clinton. Si les démocrates retrouvent leurs démons qui les font cafouiller en fin de parcours, il est fort possible que cet empire se retrouve aux mains d’un empereur de l’immobilier métamorphosé en gestionnaire de l’État.

Denys Arcand, dans sa trilogie, a prédit le déclin de l’empire américain et les invasions barbares ; nous y sommes. L’avenir nous dira si les oracles du cinéaste vont se poursuivre avec l’âge des ténèbres.


Léon Dontigny
Le 26 mai 2016
 

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5 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 28 mai 2016 08 h 14

    Incarner les lumières

    Pourquoi dites-vous déclin, vous ne croyez pas qu'avec avec Donald Trump ce sera plutôt le contraire, il est particulier qu'un individu comme Denys Arcand n'y a vu que du déclin, peut etre était-il marqué pas la culture chrétienne de sa jeunesse.
    L'histoire américaine n'a jamais été le paradis, mais plutot une quête incessante du pouvoir, s'ils ont souvent eus quelques remords, ils n'ont jamais abandonnés leur rêve, déja la révolution américaine, ce n'était pas banale, treize colonies anglaises qui exigent leur indépendance, ce n'était pas rien, enfin je crois que c'est a ce moment que les USA ont commencés a incarner les lumières et ca ne s'est jamais arrêté depuis,

  • Gilbert Troutet - Abonné 28 mai 2016 10 h 57

    La fin de l'empire

    Dans les circonstances, il peut être utile de relire « La fin de l'empire » annoncée par Emmanuel Todd, qui se base sur des données factuelles pour prédire le déclin de l'influence américaine auquel nous assistons aujourd'hui. Auparavant, il y avait eu un ouvrage qui sonnait l'alarme, « A Nation At Risk », sur la détérioration du système d'éducation aux États-Unis. Il ne suffit pas d'avoir de bonnes universités, il faut encore que toute la population soit instruite, comme le soulignait déjà Félix Leclerc.

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 28 mai 2016 15 h 31

    Bloomberg


    Monsieur Michael Bloomberg pourrait peut-être se présenter à la présidence et contribuer ainsi à éviter la mauvaisse passe qui menace les citoyens des USA, et aussi en conséquence, à un moindre degré, les citoyens du monde dit occidental.

    • Sylvain Auclair - Abonné 29 mai 2016 10 h 58

      Il y a pensé, mais en cas de non-majorité au collège électoral, c'est la Chambre des représentants élus en novembre qui aura le dernier mot (mais avec un vote par État) et ça risque d'avantager Trump, vu la domination républicaine dans cette assemblée. (Douzième Amendement.)

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 29 mai 2016 14 h 55

      Il est trop tard pour qu'un nouvel individu se présente. Les primaires sont terminées.