L’indépendance à la dérive

Les propos tenus par Gérald Larose, Pierre Céré et Roméo Bouchard publiés dans Le Devoir du 24 mai traduisent, chacun à leur manière, un profond malaise à l’égard du mouvement indépendantiste.

À la suite de sa défaite aux dernières élections, le Parti québécois a jeté son dévolu sur le candidat PKP, vu comme celui étant le plus déterminé à nous conduire à la terre promise. On le constate, cette stratégie a fait long feu. Pourtant, le parti et le mouvement indépendantiste en général poursuivent leur lente dérive.

À l’aube d’une nouvelle course à la chefferie, plusieurs souhaitent l’élection d’un candidat issu de la nouvelle génération. Cependant, si le discours ne change pas, les résultats risquent d’être tout aussi décevants. À entendre certains militants reprendre les appels à la tenue d’un référendum dès le premier mandat, cela ne sera pas chose facile. Prisonnier de considérations stratégiques, le mouvement indépendantiste doit accepter de changer sa vision, car elle n’est plus en phase avec la société. Pour ce faire, le mouvement doit d’abord s’ouvrir aux opinions venant de l’extérieur et accepter la tenue d’un débat de fond sur des questions fondamentales.

Ainsi, que signifie l’indépendance dans le contexte actuel où les pays s’inscrivent plutôt dans une logique d’interdépendance ? Quel serait le rôle de l’État au moment où ce dernier voit ses prérogatives de plus en plus réduites ? Quel mode de développement souhaite-t-on pour un futur Québec indépendant ? Un référendum doit-il se résumer à un simple processus d’accès à l’indépendance ou ne doit-il pas plutôt signifier l’adhésion à une vision précise de la société ?

Refuser ce débat condamne le mouvement indépendantiste à perdre de sa pertinence. Il est donc urgent de mettre de côté le débat byzantin sur la date du prochain référendum et s’atteler résolument à la tâche de réfléchir à une nouvelle vision du pays.

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