Le pouvoir sans la souveraineté ou la souveraineté sans le pouvoir

Voilà le dilemme auquel font face les aspirant(e)s à la chefferie du PQ. Sacrifier momentanément l’article 1 du programme pour battre les libéraux qui sont en train de déconstruire méthodiquement le Québec de la Révolution tranquille ou mettre en avant l’option souverainiste avec le risque que ce thème devienne le point central d’une peur bien orchestrée par les opposants fédéralistes lors de la prochaine élection.

C’est en ces termes que les analystes politiques posent le problème en suggérant que les partis indépendantistes sortiront perdants devant ce choix cornélien à venir. Mais peut-on à la fois battre les libéraux tout en mettant en avant l’éventualité d’un référendum ? La réponse repose sur la réussite d’une entente de convergence entre les partis souverainistes qui permettrait de battre le gouvernement Couillard en faisant élire une majorité d’indépendantistes. Cela suppose que ces derniers s’entendent sur des éléments d’un programme commun et sur une stratégie électorale qui les favoriserait. En faisant le cumul des votes indépendantistes des différents partis, une majorité pourrait en résulter, compte tenu de l’importance du vote francophone.

Cette convergence est cependant loin d’être réalisée. Est-il possible de rêver d’un rapprochement des forces nationalistes et indépendantistes au Québec ? Tous les acteurs qui ont à coeur la réalisation de cette quête libératrice devraient en faire une priorité de tous les instants. Remettre à demain, c’est risquer de perdre de vue l’objectif et, au bout du compte, l’avènement de sa réussite.

Pour sortir gagnants de cet imbroglio qui divise les forces souverainistes, il est impératif d’opter pour une corrélation entre la nécessité de prendre le pouvoir et une projection vers la souveraineté aux prochaines élections de 2018. Pour gagner, il faut que les coureurs se positionnent sur la ligne de départ. Indépendantistes de coeur ou de raison, « à vos marques, partez ! »

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8 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 24 mai 2016 08 h 09

    Nous avons nos fous de l'indépendance.

    «Cette convergence est cependant loin d’être réalisée.» (Marcel Perron)

    Moi ce qui me fait douter d'un rapprochement possible des forces nationalistes et indépendantistes c'est l'attitude dogmatique qu'adoptent chacun de leur côté ON et Québec solidaire.

    Il me semble que pour qu'il y ait un véritable échange il faut que les partenaires soient tous prêts à remettre en question leurs propres choix.

    Il n'y a plus d'échanges possibles quand certains des participants se croient en possession de la vérité, quand certains d'entre eux croient comme fer qu' ils sont les seuls à avoir raison et que les autres ont donc nécessairement tort.

    Il existe des fous de dieux. Nous onus avons nos fous de l'indépendance.

    Ce n'est pas chez eux une conviction mais de l'exaltation.

    C'est du moins ma façon de voir les choses. Je ne pense pas être le seul à penser ainsi.

    Tant mieux si je me trompe.

    • Jean-Marc Cormier - Abonné 24 mai 2016 11 h 10

      Ils ne sont pas «fous de l'indépendance».

      Ils veulent seulement progresser un tout petit peu au détriment du PQ. Et c'est bien ce qui va arriver s'il n'y a pas de coalition.

      Leur progression en tant que parti sera infinitésimale et la possibilité de l'indépendance s'éloignera encore un peu.

      Plus indépendantiste que péquiste, je vous dis pour ma part que c'est à pleurer.

    • Bernard McCann - Abonné 24 mai 2016 12 h 29

      Vous avez tout à fait raison. Il y a des fois où je me plais à penser que lorsque nous nous sommes défait de l'Église et de tous ses artifices pendant la révolution tranquille, nous avons forgé une nouvelle religion : celle d'un Québec idéal et souverain. Dans notre imaginaire collectif l'indépendance est en quelque sorte devenue notre ciel (remarquez : tous veulent y aller, mais personne ne veux mourir). On a transféré tous nos oeufs du panier Église vers le panier État (qui est en quelque sorte devenu responsable de tout). On a diaboliser le gouvernement fédéral ainsi que son acolyte rouge : le parti libéral. Le Chef du PQ devient en quelque sorte un Sauveur (On n'hésite même plus à utiliser ce terme) dont la tâche est de mener son troupeau vers la terre promise. Les pêcheurs (devenus peureux, pleutres et parias) sont ceux qui s'opposent à l'Idée (Il ne peut y en avoir d'autres) et, depuis quelques années, on pense que la solution réside dans la prédication (Il faut en parler afin de convertir le bon peuple), etc... etc...

    • Michaël Lessard - Abonné 24 mai 2016 15 h 55

      Les gens qui n'ont pas de problème à re-re-voter PQ traitent nécessairement les autres de dogmatiques.

      Étant de l'autre côté de la clôture, je peux vous traiter de partisan.es.

      Se juger, voire s'insulter même poliment, n'aide pas à avancer.

  • Hélène Paulette - Abonnée 24 mai 2016 13 h 27

    Sortons du piège référendaire.

    Les voies de l'Indépendance sont multiples. Il sera très intéressant de suivre les expériences catalane et écossaise.

  • Michel Blondin - Abonné 24 mai 2016 15 h 46

    Défaire le nœud avec certains Anglos du PLQ : un incontournable


    Comment battre les libéraux ? En prenant par décision au minimum 63 comtés. L’analyse des résultats de chaque comté, élections après élections nous dévoile que deux clientèles composent les succès du PLQ. L’une représente 50% de ses votes. Ils viennent des 25% de francophones qui représentent 77% de la population du Québec. Ils sont fédéralistes, pragmatiques et/ou s’intéressent aux affaires. Francophones minoritaires, ils font converger tous leurs intérêts. Il en faudrait beaucoup pour que ces francophones basculent au PQ. La CAQ s’y emploie.
    L’autre frange est composée des non franco du Québec qui votent à 90% pour ce parti. Ce bloc est une association plus ou moins éparse d’une diversité étonnante d’anglophones qui comptent sur les allophones. Les deux ont des motivations différentes, au départ, mais elles s’entremêlent par la suite.
    Le français n’est ni la langue passe partout ni la langue de travail Nord-Américaine pour ces allophones. L’obligation naturelle pour s’intégrer et survivre est donc l’anglais. En plus, si le Québec leurs imposent une autre langue, ils rechignent et rejoignent ceux qui font du Québec bashing, le repas du jour. La réalité, plus subtile, fait voir que le Québec ne peut, selon les mathématiques du probable, gagner d’élection sans défaire ce nœud. Quelques points de gagner dans cette talle feront la bascule nécessaire dans quelques comtés.
    40 comtés de la région de Montréal mordent à ce jeu. Rien ne peut y faire autre que de dédramatiser la peur de la séparation du Canada. Pour gruger, il doit s’attaquer à ceux qui lui font mauvaises langues, les dissocier des anglophones raisonnables. Or, la tâche est herculéenne. Le courant dominants des communications et nouvelles sont de langue anglaise.
    Sauf en référendum, même avec une convergence avec QS et de ON, le résultat du vote électoral est presqu’invariable. La convergence est utile et nécessaire sur les ententes ponctuelles ou de principes. Autrement, chacun sa nic

  • Michaël Lessard - Abonné 24 mai 2016 15 h 52

    Intéressante contribution ou synthèse

    Merci, sincèrement, j'aime votre style direct ou droit au but. C'est une excellente synthèse de la situation.

    Actuellement, la nouvelle chefferie du PQ aura à mettre sur la table un projet concret pouvant amener les divers partis souverainistes à coopérer (sans se fusionner ni se sacrifier en soi). Dire, de la part du PQ, qu'on ne fera rien de concret pour la souverainté au « premier mandat » (? premier depuis quand ?) créé une grogne compréhensible. Après tout, ON existe en réaction contre l'inaction du PQ et QS existe aussi en grande partie en réaction au conformisme politique du PQ.

  • Denis Paquette - Abonné 24 mai 2016 19 h 56

    Quelle belle enfermement politique

    Voila ce qu'on trouvé comme astuce nos conquérant soit posséder le pouvoir ou l'indépendance mais jamais les deux en meme temps , comme arnaque c'est pas mal astucieux, hier un émigrant nous faisait remarquer que pour lui la citoyenté et le nationalisme était pour lui très différent, voila la table mise pour une revendication qui peut durer longtemps, peut etre est-ce pourquoi Lisé disait qu'il faudrait peut être diminuer l'émigration