Le partage de la route

En tant que piétonne, cycliste et automobiliste, je me plie aux lois d’abord pour ma sécurité, mais aussi par respect pour mes concitoyens. Les récentes lois touchant les cyclistes sont certes valables, mais, au bout du compte, j’ai la nette impression que ces derniers, et ils sont nombreux, pensent qu’ils n’ont que des droits. Dernièrement, j’ai croisé au bas mot une vingtaine de cyclistes en peu de temps. Un seul avait un casque, tous sans exception ont brûlé les feux rouges, un parlait au cellulaire, un autre a fait une queue de poisson à un autre cycliste et j’en passe. Trop nombreux sont ceux qui ont l’arrogance de croire que la route leur appartient. Il faut la partager et c’est à nos risques. Autant le faire dans le respect.

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2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 21 mai 2016 11 h 53

    La loi, la loi, la loi ?

    Pour mes déplacements urbains, je suis d'abord et avant tout piéton, ensuite cycliste et il m'arrive, moins souvent, de conduire une voiture pour sortir de la ville et aller là où les transports collectifs ne vont pas.

    Désolé, mais si je me fiais aux lois pour garantir ma sécurité, je serais probablement mort depuis longtemps. Le code de la sécurité routière, le CSR, n'a pas été fait pour assurer la sécurité des piétons et les cyclistes, mais bien pour garantir au maximum la libre circulation des voitures individuelles et écarter au maximum piétons et cyclistes de la chaussée, de l'aire de circulation des véhicules moteurs en d'autres mots.

    Héritier de la culture automobile des années 50, le CSR a besoin d'une réforme en profondeur et comme les automobilistes seraient les premiers à devoir changer leurs habitudes et à perdre quelques uns de leurs nombreux privilèges, ce n'est pas rentable électoralement de vouloir moderniser le CSR, à moins qu'un jour on touche d'avantage d'électeurs qui aient envie d'un nouveau partage de l'espace public.

    Dans une ville comme Montréal, il est relativement facile à un automobiliste de rouler quelques kilomètres sans devoir s'immobiliser par un signal d'arrêt quelconque. Au contraire, les piétons et cyclistes, parce que les voies de circulation qu'on leur accorde ne peuvent causer qu'un minimum d'interférence aux voies attribuées en priorité aux véhicules moteurs. Piétons et cyclistes sont constamment ralentis dans leurs déplacements par des arrêts multipliés et des temps d'attente démesurément longs. Au centre-ville de Québec, un piéton qui respecte scrupuleusement la loi aura une vitesse de déplacement d'à peine 1 km/h. Comme dissuasion à marcher, on ne fait pas mieux. Un cycliste pas trop sportif, même sur des pistes cyclables, verra sa vitesse moyenne tourner entre 4 et 8 km/h.

    Et là, on va s'étonner du fait que les piétons et cyclistes trichent un peu ? Le droit à se rendre à destination dans un délai raisonnable..

    • Jean Richard - Abonné 21 mai 2016 12 h 03

      Le droit à se rendre à destination dans un délai raisonnable, droit bien légitime, oblige les cyclistes et piétons à transgresser des règles, règles qui sont là pour l'écarter le plus possible de la route et non pas pour garantir sa sécurité. Les piétons, en particulier, savent depuis longtemps que pour permettre à l'automobiliste de se rendre du point A au point B le plus rapidement possible, sur une trajectoire rectiligne, ils se voient imposer des arrêts, des attentes et des détours. Le plus lent se fait ralentir davantage et le plus rapide se voit offrir d'aller encore plus vite.

      Enfin, un examen périodique de la vue devrait être obligatoire pour tous les automobilistes, comme il l'est pour les pilotes d'aéronef. Visiblement, on a des cas de stabisme sélectif, c'est-à-dire qu'on voit double quand un cycliste traverse un feu rouge, et de myopie tout aussi sélective (on ne voit rien quand c'est un automobiliste qui le fait, chose fréquente).