L’étalement urbain oublié

Dans le dossier du développement domiciliaire au nord de Québec, le seul argument qui est discuté sur la place publique est la protection des sources d’eau potables. Or, la problématique de l’étalement urbain avec toutes ses conséquences à moyen et long terme est encore plus importante.

En effet, un développement étalé entraîne une production considérable de gaz à effet de serre par les plus longs déplacements journaliers des banlieusards. De plus, en banlieue, les maisons sont plus grandes et consomment donc plus de ressources, les terrains plus vastes et nécessitent plus d’entretien. La possibilité d’utiliser les transports en commun est plus réduite. La deuxième auto et même la troisième deviennent « nécessaires ».

Le choix de construire une maison en banlieue éloignée est très structurant, car c’est pour plus de 100 ans que ses conséquences se feront sentir. Par conséquent, je crois que cet argument de l’étalement urbain ne peut être oublié par les acteurs politiques dans le dossier du développement au nord de Québec.

1 commentaire
  • François Beaulé - Abonné 18 mai 2016 07 h 29

    La voix de la raison

    Ce que dit Pascal Grenier est rationnel. Je le saisis depuis plus de vingt ans. Pour contrer l'étalement urbain, il faut obligatoirement imposer une augmentation de la densité des constructions. Plus la densité est faible, plus l'étalement est grand. Mais la masse des gens, dont les élus, ne fait aucun effort pour assumer cette implacable vérité. Le poids de l'«american dream» est beaucoup plus lourd que celui de la raison.

    À un autre niveau, de nombreux Québécois investissent le rêve d'un Québec indépendant plutôt que de construire le pays réel. Et, ce faisant, abandonnent le développement de notre habitat aux forces du marché.