Souvenirs de La Boîte noire

Depuis vingt ans, c’est mon club vidéo montréalais, où j’ai fait l’essentiel de mon éducation cinéphilique. Comme un enfant, j’y ai reloué maintes fois Papy fait de la résistance de Poiré, L’eau chaude l’eau frette de Forcier et La règle du jeu de Renoir. Comme un étudiant, j’y ai passé des centaines d’heures d’école buissonnière, comme un véritable rat de vidéothèque.

Avec les années, c’est devenu mon commerce de cadeaux, pour répandre le 7e art auprès de mes proches. Depuis trois ou quatre ans, j’y emmène fréquemment ma petite Marianne, lui disant « lui emprunter aux amis » un petit film en même temps qu’une nouveauté pour sa mère et moi. Après trente ans, ma fidèle Boîte noire ferme et, tout comme ses artisans, je suis bien triste, l’institution (une autre et non la moindre) devant céder sous le poids du virage numérique.

Merci à La Boîte noire, et vive le cinéma libre !