Les salons de massage érotique à Coderre

L’une des premières promesses du maire Denis Coderre lors de son arrivée au pouvoir en 2013 était de sévir contre les salons de massage érotique. Deux ans et demi plus tard, on compte toujours plus de 260 salons de massage érotique à Montréal. Ces « bordels » semblent fonctionner en toute impunité. Aux yeux des fonctionnaires, ils sont simplement classés comme des établissements de « soins personnels ». Monsieur Coderre avait pourtant promis de resserrer les règles d’attribution de permis et d’imposer des amendes suffisamment élevées pour décourager les contrevenants. La vice-présidente du comité exécutif et responsable de la sécurité publique a finalement avoué son impuissance et renvoie la balle aux arrondissements. Trop facile.

Bref, pendant que tous se renvoient la patate chaude, les bordels continuent à opérer et de nouveaux apparaissent dans des quartiers de petites familles. Certains salons de massage érotique osent même ouvrir directement à côté d’un CPE et d’un parc d’enfants, à quelques dizaines de mètres d’une école primaire de 400 élèves, ainsi que de trois autres garderies éducatives. Comment cela peut-il être possible en 2016 ? Et les belles promesses de 2013 ?

Ces établissements ouverts 24 heures sur 24 amènent du va-et-vient nocturne dérangeant et attirent une clientèle indésirable recherchant des services érotiques, ce qui est totalement inapproprié étant donné la proximité de garderies, d’écoles et donc d’enfants. Comment expliquer aux enfants ce qui se passe là-dedans ? Puis, comment s’assurer que nos jeunes filles ne se feront pas prendre dans ces pièges d’exploitation ?

Des politiciens nous disent qu’il y a toujours eu de la prostitution et qu’il faut l’encadrer. Peut-être. Par contre, ce genre de commerce est totalement incompatible avec des CPE, des écoles et de jeunes familles.

Monsieur le maire, vous voulez attirer de jeunes familles à Montréal ? Il faudrait plutôt penser et agir.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Inscrit 23 avril 2016 08 h 17

    Le prix caché de l’intolérance

    Depuis un siècle, Montréal est une ville de plaisir.

    À l’époque de la prohibition, l’alcool coulait à flots dans la métropole. Après la Deuxième Guerre mondiale, elle était devenue une ville de bordels. Puis, celle des danses à 5$. Aujourd’hui, on y vient pour nos festivals et parce que le sexe n’y est pas dispendieux.

    De nos jours, Montréal est notamment la capitale du sexe en Amérique du Nord. Comme Paris fut la capitale européenne du sexe à la Belle Époque. A posteriori, on peut idéaliser le French Cancan, le Moulin rouge et Toulouse-Lautrec. Mais autrefois, on considérait cette danse comme vulgaire. Ce cabaret était reconnu comme un repère de courtisanes. Et le peintre frayait avec des femmes peu recommandables.

    Idéalisera-t-on un jour les salons de massage d’ici ? C’est déjà fait; rappelez-vous de cette jeune universitaire qui, dans le film Le Déclin de l’empire américain, paie ses études en massant.

    Peu de temps après son entrée en fonction, le maire Coderre s'était lancé à la chasse aux salons de massage croyant que des "juvéniles" y travaillaient. Le maire avait été mal informé. Toutefois cela pose ici la question de l’allocation des ressources policières.

    Depuis des années, lorsqu’éclate une querelle de ménage dans mon bloc appartement, les policiers arrivent sur les lieux en moins de dix minutes. Parce qu’on sait qu’un conflit domestique dégénère rapidement. Et lorsqu’il y a une victime, c’est habituellement une femme.

    Suis-je enchanté à l’idée que dorénavant, les policiers pourraient prendre plusieurs heures parce qu’ils sont occupés ailleurs, à faire la chasse aux salons érotiques ? Est-ce vraiement ce que veut Luc Chamberand ?