La fausse démocratie coopérative de Desjardins

Pour l’essentiel de son article « Le modèle coopératif à l’épreuve du marché » (page Idées du 8 avril 2016), l’argument principal de Gabriel Monette est le suivant : « Quant aux décisions, ce sont encore les coopérateurs qui ont le pouvoir dans les assemblées générales. »

Or, c’est faux. La loi sur les coopératives financières (article 242) stipule que l’assemblée générale des membres ne peut intervenir dans l’administration courante d’une caisse, laissée au conseil d’administration.

Dans notre coin de pays (Bécancour), nous avons demandé la convocation d’une assemblée générale pour faire changer la décision du conseil d’administration de la Caisse Desjardins Godefroy de fermer trois centres de services. Or, se basant sur la loi, le président de la caisse a refusé de recevoir la proposition prétendant que la fermeture de ces trois centres était une affaire courante. (Celui-là même qui, quelque temps auparavant, disait que cette « difficile » décision de fermeture avait fait l’objet d’études approfondies des deux dernières années.) Vous n’êtes pas satisfaits de notre interprétation de la loi ? Pas de problème ! Faites valoir vos droits en Cour !

Comme si de simples citoyens avaient la capacité financière de poursuivre Desjardins avec sa trâlée d’avocats payés à même la caisse.

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3 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 11 avril 2016 06 h 37

    D'ailleurs je me demande ....

    ce que ça donne une a.g. de caisse. On a aucun droit de décision. On a vécu la même chose il y a quelques années dans les Laurentides, mais pas pour la même question. Nous ne sommes plus jamais allés à une a.g. ensuite, car on n'avait pas de temps à perdre.

    • Patrick Boulanger - Inscrit 11 avril 2016 09 h 10

      Aucun droit? Les administrateurs sont tout e même élus chez Desjardins. Des administrateurs qui, d'ailleurs, semblent avoir beaucoup de pouvoirs...

  • Patrick Boulanger - Inscrit 11 avril 2016 13 h 59

    Il semble donc y avoir des problèmes par rapport à la démocratie chez Desjardins. Cela peut étonner sachant que la démocratie se retrouve au coeur du deuxième principe du mouvement coopératif québécois (le principe du "pouvoir démocratique exercé par les membres").

    À mon sens, s'il y a bel et bien des lacunes par rapport à la démocratie chez Desjardins, les coopérateurs doivent se mobiliser pour corriger la situation. Jeter l'éponge en se disant que le coût en temps et en argent est trop élevé pour relever le défi n'est surtout (!) pas la chose à faire, à mon avis.