Sam Hamad, éthique et déontologie

Les jugements sur nos représentants politiques diffèrent selon l’éthique proprement dite ou selon la déontologie et ses codes d’éthique. Telles les lois, les codes d’éthique visent à empêcher les personnes éthiquement malhonnêtes d’agir de façon injuste. Les représentants politiques éthiquement honnêtes n’ont pas besoin du caractère coercitif de ces codes pour s’abstenir de ce qui est moralement condamnable. Ce n’est donc pas à partir de ce qui est ou était interdit ou permis par leur code d’éthique que les politiciens intègres évaluent leur comportement.

Aussi est-il révélateur que, pour sa défense, Sam Hamad s’en soit remis au code d’éthique de l’Assemblée nationale. Il a affirmé, faussant de surcroît la portée de ce code, qu’il ne lui appartenait pas de vérifier si Marc-Yvan Côté était inscrit au registre des lobbyistes. C’est là un fait majeur affichant son mépris à l’égard même de son code d’éthique.

Au fond, pareille vérification ne lui importait pas. Le fait de très bien connaître Marc-Yvan Côté lui permettait de savoir à quel type de personnes et de démarches il avait affaire en consacrant indûment ses « efforts » au profit d’un « ami » reconnu comme peu recommandable. Seul un manque flagrant d’éthique l’a fait agir allègrement, sachant qu’il y avait depuis longtemps « anguille sous Roche »…

Sam Hamad ne peut plus occuper de fonctions politiques, même s’il était blanchi par une enquête du commissaire, non pas à l’éthique, comme on le dit, mais simplement au code d’éthique. Le Québec ne peut s’accommoder d’un homme politique dont le sens éthique et le souci déontologique pourront se situer en deçà même des directives les plus minimales de son code d’éthique.

4 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 avril 2016 07 h 53

    éthique

    Il est tout à fait illogique de chercher l'éthique dans un système qui ne cherche lui-même que des contournements aux règlements. Pour un avocat qui édifie des «limites», il y en a dix qui cherchent les détours pour les éviter.

    Une personne possédant de l’éthique n’a pas «besoin» de règlement pour le garder en ligne. Une personne n’en ayant pas… Y a aucun règlement qui le retiendra. C’est comme de demander au feu de ne pas bruler ou à l’eau de ne pas mouiller.

    PL

  • Pierre Bernier - Abonné 5 avril 2016 12 h 51

    Épaisseur du réel !

    L'Éthique a besoin de la Loi.

    Et la Loi a besoin d'Éthique.

    • André Nadon - Inscrit 5 avril 2016 18 h 59

      Faux. Une personne éthique n'a pas besoin de la loi pour agir.
      La loi est nécessaire pour ceux qui n'ont pas d'éthique.

  • Michel Lebel - Abonné 6 avril 2016 10 h 27

    La conscience...

    L'éthique est beaucoup plus affaire conscience que de loi. Et pour une personne publique, la conscience doit être encore plus aiguisée, car il n'y a pas place à doute. C'est ainsi dans un régime démocratique fondé, entre autres, sur l'État de droit. Mais comme certains ont une conscience large ou fragile, il faut des lois et des personnes pour voir à leur mise en oeuvre. Mais les hommes(et femmes) resteront toujours sujets à des faiblesses...

    M.L.