cache information close 

Objectivité c. féminisme forcé

Dans Le Devoir du mercredi 30 mars, Francine Pelletier a poussé la note trop loin. Elle ne reconnaît pas les faits desdites victimes qui ont contacté de nouveau Ghomeshi en le revoyant, en envoyant des photos et des courriels. Quand une relation est insatisfaisante, on ne revient pas à la charge. Les réactions des lecteurs ont montré le véritable aspect des choses.

Elle a manqué à la déontologie journalistique et au professionnalisme. Elle ne pense qu’à défendre ce qui est indéfendable. Le juge a fait correctement son devoir en analysant les faits que Francine Pelletier cherche à dissimuler. D’ailleurs, c’est un peu ou assez son genre de lecture. Quel manque d’objectivité !

Réponse de notre chroniqueuse

Monsieur Ethier,

Puisque vous évoquez les « faits », laissez-moi vous les rappeler. D’abord, les victimes d’agression sexuelle, contrairement à ce que vous dites, reviennent très souvent « à la charge ». C’est malheureux, certes, ça peut paraître totalement illogique, mais cette ambivalence face à l’abuseur est bien documentée. Je vous conseille de parfaire votre éducation à ce sujet en lisant Writing a love letter instead of a police report : Why victims contact sex attackers (dans le Guardian, 13 février 2016). Deuxièmement, si vous prenez la peine de décortiquer le jugement rendu, vous verrez que le juge indique que l’ambivalence des victimes n’est pas la raison première de son verdict. C’est le fait que les plaignantes se soient parjurées à plusieurs reprises qui explique l’acquittement de Jian Ghomeshi. Vu ces parjures, le juge ne pouvait pas conclure différemment, comme je le soulignais dans ma chronique. Donc, avant d’accuser quiconque de manquer à la déontologie professionnelle, il serait peut-être plus utile de vous demander pourquoi une condamnation urbi et orbi des trois plaignantes vous semble, à vous, si essentielle. Pourquoi les femmes devraient-elles être les seules à porter l’odieux dans cette affaire ? C’est la question à laquelle ma chronique tentait de répondre.

11 commentaires
  • Jean-Pierre Gagnon - Abonné 5 avril 2016 08 h 02

    L'évangile féministe...

    Monsieur Éthier

    Vous avez bien raison.

    L'évangile féministe mettra toujours tout en oeuvre pour tenter de démontrer que les femmes resteront toujours d'éternelles victimes, même lorsqu'elles se mettent carrément les pieds dans les plats.

    Il est plus que temps que nos féministes actuelles qui ne ressemblent en rien aux féministes crédibles du début du mouvement, prennent conscience qu'elles n'aident pas la cause des femmes en essayant constamment d'en faire de pures réincarnations de la Vierge Marie pure et sans taches...

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 5 avril 2016 09 h 27

      Je suis la première à lutter sportivement contre le " féminazisme" en vogue en ce moment au Québec. Les hommes vivent autant sinon plus de détresse que les femmes par chez nous. A compétences égales, on choisit assurément la femme dans quelques domaines. Les lois les avantagent en matière de famille, il y a un tas de griefs a adresser aux "féminazies" je vous suis.

      La controverse car la ministre de la condition féminine a voulu se distancer du mouvement féministe est ridicule!!! Maintenant toute femme qui va a tout le monde en parle est tenue de s'affirmer féministe! N'importe quoi! Car ça veut dire " égalitaire"...

      " Égalitaire dans tes rêves! Tu peux refuser un candidat car il n'est pas fraîchement rasé, mais tu dois absolument engager un boudin qui fait des efforts pour avoir l'air d'une attriqure de porte-ordures car elle milite ainsi pour la femme et la refuser pour des questions d'apparence serait " mysogine". La femme décide seule si elle avorte ou non, le gars devient papa selon la volonté de maman, les salaires dans les usines sont le quart de ceux qu'on voyait il y a trente ans...

      Les féministes s'entêtent à dire qu'à la base un homme et une femme sont identiques, ont les mêmes aptitudes.

      Je trouve cette théorie totalement et absolument erronée.

      L'homme et la femme ont chacun leurs forces et leurs faiblesses et sont très différents, même s'il y a nombre d'exception.

      Donc, je ne suis pas féministe.

      Mais s'en prendre à des victimes d'agression sexuelles et blâmer les féministes, c'est exactement agir comme l'agresseur avait prévu que " le monde" réagirait et qui lui a donné l'audace de faire a des pauvres filles des choses qui les répugnaient et qui sont violents souvenirs avec lesquels elles doivent cohabiter.

      Vous êtes de ceux qui rendez faciles ce genre de crimes.

      Il faut être une sainte vierge pour avoir le droit d'être défendue d'un abus!

      Et vous ne croyez pas qu'elle a son gros mensonge sur la conscience, votre madone???

    • Luc Archambault - Abonné 5 avril 2016 17 h 02

      @ Catherine-Andrée Bouchard
      Pantoute ! Aucun,e féministe ne prétend que les hommes et les femmes sont identiques, ou ont les mêmes aptitudes... C'est carburer au sophisme de l'Homme de paille que de prétendre le contraire...

      Le féminisme, cet Humanisme transformé par l'égalitarisme sexuel, le féminhumanisme, met de l'avant l'égalité des hommes, l'égalité des femmes, et l'égalité des hommes et des femmes... un égalitarisme radicalement démocratique et anti-raciste...

      Il faut mettre fin à la culture patriarcaliste inégalitariste autocrate sapienne débilitante qui a cours depuis ± 10k ans... tous,tes les humain,es sont concerné,es... qu'on soit un homme ou une femme... l'égalitarisme féministe est de mise...

      Quant aux agressions sexuelles, elles doivent être jugées et punies... Elles ont été jugées mais non pas punies...

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 5 avril 2016 20 h 47

      M. Archambault.

      D'abord oui. Il existe des féministes qui pensent que les hommes et les femmes ont exactement les mêmes aptitudes. Je me suis heurtées à elle et je vous jure par expérience qu'elles existent, sont puissantes et se tiennent.

      Mais deuxièmement et c'est ce que j'espère vous retiendrez le plus, je suis publiquement intervenue car j'étais ulcérée par le commentaire de ce monsieur et surtout la lettre qui démontre une maladroitesse incommensurable envers des gens très molestés, à qui on demande d'être sans tache pour punir les crimes qu'on a commis contre elles, ce qui est aberrant, et si vous aviez bien analysé mon propos, vous auriez saisi que tout ce préambule anti-féminisme n'était que précautions oratoires afin de mieux balancer par la suite, "messieurs, en passant, ces filles souffrent pour vrai et les véritables responsables ce sont vous".

      Alors si vous avez ces victimes à cœur, pourquoi m'adressez-vous vos griefs inappropriés au lieu de les faire à ces hommes qui accusent les féministes de victimiser des traînées ce qui est quant à moi carrément grotesque?

      C'est parce que je suis une femme?

      Ça vous dérange plus que je m'exprime ouvertement peut-être alors que les biaux messieurs peuvent bien dire, eux!

      Si c'est la justice pour les abusées que vous désirez, vous devriez davantage jouer dans ma ligue.

      Sinon elles ne seront jamais punies vos agressions!

      J'espère au moins que M. Gagnon et M. Ethier ont plus percuté le message que vous!

  • Pierre Desautels - Abonné 5 avril 2016 08 h 40

    Des lunettes?


    Merci pour votre mise au point, Madame Pelletier. Le problème avec Monsieur Ethier, c'est qu'il a réagi de façon trop émotionnelle suite à votre article. S'il l'avait vraiment bien lu, il aurait compris. Pourtant, le Québec ne manque pas d'optométristes...

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 5 avril 2016 09 h 34

    Les femmes irresponsables?

    Madame Pelletier,
    Je vous renvoie à mes commentaires publiés dans l'édition du 30 mars suite à votre texte. J'avais bien lu l'article du Guardian que vous citez. L'avis du (ou de la) psychologue auquel il est fait référence m'irrite au plus haut point car il laisse penser, encore une fois, que les femmes serait mues par un masochisme rédhibitoire auquel elles ne pourraient se soustraire. Elles seraient donc non responsables d'une conduite que, pour ma part, je récuse totalement. Même dans ma jeunesse lointaine et parfois naïve, comme je l'écrivais, ne serais-je retournée voir un homme qui aurait tenté de m'étouffer ou qui m'aurait frappée. Je suis féministe et refuse ce genre de "diagnostic" qui infantilise les femmes. Par ailleurs, un tel comportement pourrait laisser penser aux agresseurs qu'il y a une forme de consentement à cette violence, procurant ainsi bien des arguments pour que ces derniers légitiment ces rapports de subordination. Il y a tout de même des limites à nous faire passer pour des nunuches! Irène Doiron

    • Luc Archambault - Abonné 5 avril 2016 17 h 06

      Vous errez madame Doiron et monsieur Leyraud, ce n'est pas infantiliser les femmes que d'observer un comportement qui nous semble contradictoire... Des esclaves ont pris fait et cause pour l'esclavagisme... ce n'est pas infantiliser les esclaves que de le constater... on appelle-ça la co-dépendance... pareil en cas de syndrome de Stockholm... la victime, isolée du monde, se trouve en quelque sorte dépendante de l'attention de l'abuseur, qui en use... abuse...

    • Pierre Bernier - Abonné 5 avril 2016 18 h 05

      "Effectivement, il y a des limites à faire passer [les femmes] pour des nunuches!"

  • Raymond Labelle - Abonné 5 avril 2016 10 h 12

    Faire varier le fardeau de preuve en fonction du type d'accusation: pente glissante.

    Comme le mentionne Mme Pelletier, le parjure des plaignantes est la raison principale de l'acquittement. Avec également un soupçon de collusion. Entre certaines témoins, un très grand nombre de courriels a été échangé, où elles se disaient prêtes à « faire presque n'importe quoi pour faire condamner ce salaud" - ce qui bien sûr, en combiné avec d’autres éléments, entache la crédibilité des témoignages.

    Mme Pelletier écrit: "Pourquoi les femmes devraient-elles être les seules à porter l’odieux dans cette affaire ?"

    Je ne dirais pas que Gomeshi ne porte aucun odieux et que seules les femmes le portent - reconnaissons que Gomeshi ne paraît quand même pas très bien dans cette affaire.

    Bien sûr, le manque de preuve matérielle fait reposer la preuve seulement sur les témoignages. On peut le regretter, mais que faire? Avoir un fardeau de preuve moins lourd pour ce type de plainte?

    Il est normal qu'en droit criminel le fardeau de la preuve soit porté par l'accusation et que ce fardeau soit relativement lourd: preuve au-delà du doute raisonnable. Faire varier ce fardeau en fonction du type d'accusation serait s'engager sur une pente glissante.

    Par ailleurs, même s’il est possible, voire probable, que le phénomène du retour expliqué par Mme Pelletier existe, comment peut-on être sûr au-delà de tout doute raisonnable que c’est ce dont il s’agit dans ce contexte précis, qui comprend le parjure et la collusion des témoins à charge, dans une cause reposant uniquement sur leur témoignage?

    Qualifier le doute raisonnable sur la culpabilité de Gomeshi à ces accusations criminelles de "faire porter l'odieux uniquement par les femmes" mériterait quelques nuances – sans compter que c’est aussi ignorer l’odieux que porte Gomeshi, malgré son acquittement.

  • Luc Archambault - Abonné 5 avril 2016 17 h 15

    Le parjure a bon dos

    La crédibilité à géométrie variable ne tient pas compte du fait que le fait d'être abusé provoque une dérive qui ne peut que produire des dommages... dont... le fait de dire vouloir « faire presque n'importe quoi pour faire condamner ce salaud »...

    Ici, le jugement impose une double contrainte... aliénante. La solitude de l'abusée ne doit pas être brisée par la solidarité des victimes qui brise l'isolement des victimes... Le dommage ne doit pas provoquer de... dommage...

    Or, n'eut été de cette solidaire détermination des victimes à briser l'isolement des victimes, le jugement eut été différent... sauf que... l'isolement des victimes n'aurait fait qu'assurer la mainmise de l'abuseur sur l'abusée... et fait en sorte qu'il ne soit jamais dénoncé, puis jugé... Le jugement est par conséquent biaisé... pour le moins erratique et lacunaire...

    • Raymond Labelle - Abonné 6 avril 2016 15 h 25

      Donc vous savez, hors de tout doute raisonnable, que Gomeshi est coupable des accusations précises dont il a été accusé dans ce procès et, s'il n'en tenait qu'à vous, vous n'hésiteriez pas à l'envoyer quelques années en prison sur la base de ces témoignages, que vous avez soigneusement évalués.

      Le parjure (il y a bel et bien eu plusieurs mensonges démontrés) et la collusion des témoins peuvent être ignorés car ils sont attribuables à de la détresse psychologique, causée par l'accusé de surcroît. Invoquer le parjure et la collusion comme créant un doute raisonnable n’est qu’un faux prétexte pour ne pas condamner l'accusé ("le parjure a bon dos").

      C'est ce que je comprends de votre intervention.

      J'ai de la difficulté à concilier ce point de vue avec le principe de droit criminel comme quoi on est présumé innocent tant que pas prouvé coupable hors de tout doute raisonnable.

      Ce que je ne comprends pas de votre intervention, c’est lorsque vous parlez de traitement « à géométrie variable »? Vous avez des statistiques démontrant que beaucoup d’accusés, dans des causes relatives à d’autres accusations criminelles, sont trouvés coupables lorsque les causes reposent uniquement sur des témoignages parsemés de parjure et de collusion démontrés? Instinctivement, je croirais qu’aussi, dans d’autres types d’accusation, on aurait également un acquittement dans des circonstances comparables.

      Oui, la présomption d’innocence choque, mais c’est le prix à payer pour ne pas risquer d’envoyer des innocents en prison, quitte à risquer de laisser libres quelques coupables.