Un avertissement au syndicat d’Air Canada

De qui les ex-employés d’Aveos sont-ils réellement les victimes ? D’Air Canada ou de leur syndicat intransigeant qui veut adapter les conditions de travail aux réalités d’une industrie en profonde mutation ?

Les pertes d’emplois chez Aveos nous remémorent ceux perdus dans le secteur de l’automobile, avant que leur puissant syndicat accepte de revoir les ententes collectives afin de sauvegarder ce qui reste de l’industrie syndiquée en Amérique.

En résumé, au cours des dernières décennies le secteur de l’aéronautique s’est développé de façon exponentielle. Air Canada a été contrainte, comme nombre d’entreprises établies de longue date, de s’adapter à la concurrence de nouveaux transporteurs, dont Air Transat. Ces nouveaux compétiteurs jouissant d’un ratio de masse salariale bien inférieur à celui de l’industrie, avaient beau jeu de réduire, à profit, les prix courants.

Par obligation, sous peine de disparaître comme nombre de transporteurs américains, l’entreprise devait donc prendre les grands moyens pour diminuer ses coûts d’exploitation afin de retrouver la rentabilité. Entre autres choses, se libérer d’ententes contractuelles contraignantes datant d’une autre époque, nauséabondes pour les actionnaires et astreignantes à des fins administratives.

À l’impossible nul n’est tenu, dit l’adage. Par extension, en état de survie, nul n’est tenu à ses engagements. N’était-ce pas le cas d’Air Canada en situation financière très précaire au moment de larguer Aveos ? D’ailleurs, pour certains analystes, le pronostic de phase terminale sur Air Canada demeure pertinent. Pour comparaisons, rappelons que, à la suite de sa faillite, GM a été dégagé d’importants engagements envers ses retraités.

Décidément, pour la survie d’Air Canada et autres, les centrales syndicales devront accepter le fait qu’elles n’ont plus le monopole sur les relations de travail dans un secteur d’activité donné. Également réaliser, que dans un contexte de mondialisation, la concurrence ne vient plus du village voisin, mais de continents lointains.

Enfin bref, les syndicats devront revoir leurs points de comparaisons dans les négociations au risque de disparaître eux-mêmes, faute de syndiqués.

2 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 4 avril 2016 08 h 07

    Vous êtes sans doute un actionnaire important d'Air Canada!

    Je ne vois pas du tout cela du même oeil que vous, monsieur! Heureusement qu'il y a d'autres compagnies aériennes à Montréal, et qui desservent merveilleusement bien leur clientèle! De plus, la plupart de ces compagnies ont la gentillesse de nous parler en francais, à bord, ce qui a toujours été très difficile à bord des avions d'Air Canada. Dommage que vous ayez si peu de respect pour les employés d'AVEOS!

  • Jacques Tremblay - Inscrit 4 avril 2016 13 h 27

    Ouf!

    Quelle condescendance M. Lavigne! Merci de nous rappeller ce qu'a fait GM avec ses retraités. La Chevrelet Volt de GM m'apparaît tout d'un coup beaucoup moins intéressante aujourd'hui.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc