Il n’y a plus de Québec inc.

Lorsqu’on s’inquiète de la prise de contrôle de grandes entreprises québécoises par des intérêts extérieurs, on nous rétorque que ce n’est pas grave : « Qu’importe que le Québec appartienne à des Ontariens, si des Québécois possèdent la moitié des États-Unis. Ainsi va la mondialisation. » Or, cela fait une différence. Lorsque des Québécois ont littéralement racheté l’économie québécoise durant la Révolution tranquille, ils ont formé le « Québec inc. », un groupe d’entrepreneurs qui collaboraient parfois entre eux et avec l’État pour le développement du Québec, pour protéger l’activité économique et les emplois sur notre territoire. Cette classe d’affaires s’est disloquée en plongeant sur les marchés internationaux. Aujourd’hui, les capitalistes québécois sont des apatrides comme les autres, qui se préoccupent de marchés et de profits, et non plus des clients, des employés ou des sociétés qu’ils sont censés servir et dont ils ne font pas partie. Comment peut-on être un bon citoyen corporatif d’un pays dont on n’est pas citoyen ? Voilà pourquoi, entre autres, il y a aujourd’hui tant d’évitement et d’évasion fiscale.

2 commentaires
  • Pierre Bernier - Abonné 2 avril 2016 14 h 08

    Un certain nationalisme économique ?

    En effet, "Québec inc." est l'illustration symbolique retenue au Québec pour qualifier une certaine forme de nationalisme économique.

    Un courant de pensée qui est aujourd’hui partout présent. Aussi bien en Europe, qu’en Asie, et dans les Amériques. Mais la promotion de l'autarcie ou de l'autosuffisance qui le caractérise prend des formes qui doivent s’adapter à l'évolution du système économique international.

    Il n’en demeure pas moins que le nationalisme économique est d’abord incarné par l’ambition d’un État et ses capacités à agir. Et celles-ci ne se limitent pas qu’à l’imagination ou la richesse matérielle d’individus, ou à leur bon vouloir capricieux.

    En effet, cette appétence repose d’abord sur l’énoncée d’une vision claire : que devons-nous devenir en tant que collectivité?

    L’État contemporain qui se veut acteur économique efficace mobilise alors au service des cette vision tous les instruments dont une puissance publique pleinement « compétente » dispose.

  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 2 avril 2016 19 h 13

    Alors le Québec n'a plus rien!

    « Qu’importe que le Québec appartienne à des Ontariens, si des Québécois possèdent la moitié des États-Unis. Ainsi va la mondialisation. »

    Si le Québec appartient à l'Ontario et que le Québec possède la moitié des États-Unis, alors la moitié des États-Unis appartient en même temps à l'Ontario. Donc, il en découle que le Québec ne possède plus rien. Dire qu'il y en a qui en sont fiers!