Le libre-échange a été testé, maintenant il faut conclure

Conseiller en développement économique pendant 28 ans pour le gouvernement du Québec, je le confirme : il faut reculer.

Le libre-échange n’a du sens pour les pays évolués que lorsqu’il est pratiqué par des entités avec des systèmes sociaux équivalents. Autrement, les coûts sociaux engendrés dépassent largement les avantages obtenus. Ce n’est pas un problème de taux de chômage ou de décroissance économique, mais d’utilisation de la main-d’oeuvre et d’occupation du territoire.

Le vrai choc : l’application de l’accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au début des années 2000. Les industries du textile, de l’habillement et de la chaussure, qui étaient la force économique de certaines régions du Québec, ont été anéanties.

Les régions se sont rabattues sur les ressources naturelles lorsqu’elles en avaient. Un secteur d’activité dangereux, car très cyclique. J’ai parcouru toute la province pendant de nombreuses années. Jamais les régions du Québec n’ont été aussi vulnérables.

Depuis lors, même à Montréal, des secteurs stratégiques ont pratiquement disparu, notamment la biopharmacologie… Et vous voyez maintenant le secteur aéronautique se tourner vers les pays à bas salaire.

L’accord de partenariat trans-pacifique est une erreur. Nous mettons en compétition nos gens avec des pays dont les conditions de travail sont ridiculement basses. Ce n’est pas un accord économique, mais un accord politique, dans le but d’isoler la Chine.

Stop ! Maintenant, il faut reculer !

2 commentaires
  • Jacques Tremblay - Inscrit 1 avril 2016 04 h 02

    Ça devient complètement immorale et même improductif pour l'émancipation de la démocratie.

    Le commerce international ne devrait faire l'objet d'un traité que si les conditions et conventions sociales des pays participants sont similaires. Autrement les traités de commerce internationaux ne servent qu'à délocaliser les emplois où la main d'œuvre est la moins chère aux bénéfices de l'enrichissement que de quelques prévilégiers qui ne font que concenter la richesse dans leurs mains. Il est complètement immorale que la moitié de la richesse mondiale est maintenant concentrée dans les mains de quelques milliers de personnes et je crains le ressac politique dans nos sociétés occidentales. Le statut quo politique semble perdre des adeptes aux USA avec l'émergence de positions tranchées telles celles de Trump et de Sander. Il faut redistribuer la richesse en redistribuant le travail dans nos sociétés si nous voulons des acheteurs pour les produits de consommation. Henry Ford avait bien compris au début du dernier siècle que ses employés devaient avoir suffisamment de revenus pour qu'ils achètent leurs propres produits.
    Jacques Tremblay
    Saonte-Luce, Qc

  • Denis Paquette - Abonné 2 avril 2016 08 h 37

    Des mandats politiques cachés

    Merci de nous éclairer et de nous faire prendre conscience que le libre échange est surtout et avant tout une coalition envers nos compétiteurs, voir les pays en developpement, ho,la la quel différence de perceptions, comment il se fait que nous en avons jamais été informés, serait-ce que derriere le libre échange se trouve des mandats politiques cachés, des plus gros aux plus petits