Pourquoi développer davantage les sables bitumineux?

Lettre à la ministre Catherine McKenna

Dans votre toute dernière intervention publique sur la décarbonisation et la transition économique, vous utilisez des mots et tentez de nous vendre des stratégies que tout citoyen préoccupé par l’environnement et les changements climatiques n’aime pas entendre.

Oui, le Canada a besoin d’emplois, mais pourquoi faut-il que ces emplois soient « pétroliers » ? Et surtout, pourquoi faut-il que ces emplois pétroliers croissent ? Les sables bitumineux de l’Alberta produisent déjà au-delà de deux millions de barils de pétrole par jour. Cette production génère des emplois. Pourquoi ne pas se satisfaire de ce niveau de production ? Y aurait-il pénurie mondiale de pétrole pour que cette nécessité d’accroître la production s’impose ?

Le Canada veut décarboniser l’économie, et cela prendra du temps, dites-vous. Mais cet objectif serait plus rapidement réalisé si on ne permettait pas d’accroître la production.

Par ailleurs, ce ne sont pas seulement les « impacts environnementaux » qui devraient présider au choix de construire ou de ne pas construire l’oléoduc de TransCanada Pipeline. Cette analyse doit se faire après que la nécessité stratégique de proposer ou non la réalisation d’un tel projet aura été établie. Évoquons « le pire » : si on maintenait l’exploitation des sables bitumineux à son niveau actuel, la nécessité de construire l’oléoduc disparaîtrait. Ce sont des arguments comme celui de la croissance inéluctable de l’économie canadienne, et surtout celle de l’exploitation des sables bitumineux, qui mènent à l’impossibilité d’atteindre rapidement un niveau souhaitable de décarbonisation. Cette approche nous mène droit au mur.

Les citoyens mettent leurs espoirs dans cette vision nouvelle que votre gouvernement évoquait. Quand vous définissez cette approche nouvelle dans le détail, l’espoir en prend un coup.

6 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 1 avril 2016 03 h 05

    Que des apparences

    qui seront toujours plus chers et plus polluants que les autres pétroles, parce que c'était la lubie d'Harper qui se voyait a la tête d'un empire, combien de fois l'avons nous attendu dire que ce petrole était la réserve du monde, qu'il me fait penser a Donald Trump , cinq ans d'âge mentale disent les chroniqueurs, pauvre Alberta apres avoir rêver a un rêve impossible, maintenant elle souffre , il faut toujours faire attention avec les leaders. plusieurs n'en ont que les apparences

  • Gilbert Turp - Abonné 1 avril 2016 09 h 08

    En plein dans le mille

    Tout est dit.

  • Yvon Bureau - Abonné 1 avril 2016 09 h 32

    Et avec les tremblements de terre...

    Comment résisteront les «pipelines»?

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 1 avril 2016 09 h 45

    En plein dans le mille !

    Bravo !

  • Brigitte Garneau - Abonnée 1 avril 2016 10 h 27

    ET VLAN DANS LES DENTS!!

    En effet, pourquoi continuer à développer une énergie SALE et POLLUANTE? Est-ce dire que l'ÉCONOMIE est plus importante que la VIE? Pourquoi miser sur une énergie PROPRE et RENOUVELABLE ne serait pas bon pour l'économie? C'EST A N'Y RIEN COMPRENDRE!! Nous sommes déjà en retard! PARIS n'était-il qu'une MASCARADE?