Cher André

Dans ta lettre ouverte très touchante (Le Devoir, 23 mars 2016), tu exprimes la demande d’être euthanasié, un mot tabou que les médias, le gouvernement et le milieu médical refusent de prononcer ; mais c’est bien la dure réalité. Ta souffrance ne serait plus supportable. Je te comprends.

As-tu pensé à une autre solution plus humaine ? Près de chez moi, il y a la Maison Victor-Gadbois, qui donne des soins palliatifs extraordinaires. Je te jure que personne ne souffre dans ce lieu qui ressemble bien plus à un milieu de vie qu’à une antichambre de la mort. On peut y mourir, entouré de ses proches, en toute sérénité.

En tant que catholique pratiquant, tu sembles très inquiet quant à l’euthanasie. L’Église n’approuve pas l’euthanasie, car elle voit très bien tous les dérapages qui pointent à l’horizon et qui, finalement, vont nous donner l’euthanasie sur demande et pour tous sans aucune balise. Tu t’inquiètes pour le prêtre qui va te confesser avant de te faire euthanasier et pour la conscience du médecin et des soignants qui vont te donner la piqûre finale.

D’abord, je dois te rassurer ; on ne parle plus d’excommunication aujourd’hui. On parle beaucoup plus de pardon et de miséricorde. On ne parle même plus de péché mortel, et la majorité des prêtres au Québec enseignent que tout le monde va aller directement au ciel ; malheureusement, cela, je suis dans l’impossibilité de te l’assurer.

Je t’encourage à prier, à bien réfléchir et surtout à faire le bon discernement. Comme le disait si bien Gilles Vigneault en parlant de la mort, « il y a plein de vie là dedans ».

J’espère que ma lettre va t’apporter espoir et encouragement. Je souhaite que tu optes pour la solution la plus humaine possible pour terminer ta vie sans souffrir, c’est-à-dire les soins palliatifs.

Je prie pour toi.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

4 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 24 mars 2016 06 h 52

    Oui aux soins palliatifs!


    Belle lettre respectueuse! Tout à fait d'accord.

    Michel Lebel

  • François Beaulé - Abonné 24 mars 2016 10 h 48

    Tout le monde au ciel !

    Gentille réponse !

    J'apprends, by the way, que l'Église catholique, du moins au Québec, vient d'abolir l'enfer et le purgatoire !

    Donc même les terroristes islamistes vont se retrouver au paradis... qui devient du coup beaucoup moins attrayant !

  • Réjean Martin - Abonné 24 mars 2016 14 h 16

    pas Gilles Vigneault

    votre citation est plutôt de Félix Leclerc...

  • Yvon Bureau - Abonné 24 mars 2016 17 h 05

    Nous sommes en 2016

    «L’Église n’approuve pas l’euthanasie, car elle voit très bien tous les dérapages qui pointent à l’horizon et qui, finalement, vont nous donner l’euthanasie sur demande et pour tous sans aucune balise.» Comment écrire une telle affirmation, sans aucun fondement, sans se sentir moralement fautif? Même ailleurs. J’ai vu et entendu les représentants des évêques catholiques à la Commission sur la question de mourir dans la dignité. Faibles en argumentations. Forts en peurs. Très et trop faibles aussi dans l’utilisation des mots solidarité, compassion, compréhension et respect de chaque finissant de la vie dans ses valeurs, dans sa conscience et dans sa liberté.

    André pourrait aller en SP à la Maison Aube-Lumière, là où la liberté de choix prime, là où la personne soignée passe avant les soignants, là où le plus grand des respects règne ... L'AMAM y sera possible si appropriée et si librement demandée. «On peut y mourir, entouré de ses proches, en toute sérénité.» Avec AMAM, c'est possible, avec aussi compassion et solidarité et surtout respect.
    Aussi, nous sommes en 2016. Nous sommes rendus dans l'ère des soins de fin de vie personnalisés et appropriés qui incluent les soins palliatifs, la sédation palliative continue, l'aide médicale à mourir. Nous avons la Loi concernant les soins de fin de vie. Nous avons le jugement de la Cour suprême du Canada qui sera effectif en juin prochain. Et la très grande majorité de la population, même chez les catholiques, est en faveur de l'AMAM.

    La mort, «il y a plein de vie là dedans ». C’est dans le mourir, dans la fin de la vie que c’est plein de vie. On peut y trouver plein de noblesse et de dignité, et, malheureusement, du contraire.

    En attente de la réponse des représentants des évêques … : Oui aux soins de fin de vie personnalisés et appropriés de fin de vie.

    M. Deschesnes, merci pour votre lettre. La terminologie utilisée vous traduit.