«Bonjour! Hi!»

Suis-je la seule Montréalaise à en avoir ras le pompon qu’on m’accueille un peu partout avec un « Bonjour ! Hi ! » ? Toutefois, ce qui me fâche davantage, c’est lorsque des employés m’adressent la parole uniquement en anglais.

Qu’est-ce que je fais dans cette situation ? Eh bien, même si je comprends un peu la langue de Shakespeare, je leur réponds dans celle de Molière. Et si on me lance le célèbre « I am sorry, I don’t speak French », je claque la porte de l’établissement, rien de moins ! Sommes-nous nombreux à poser ce geste ? Ou choisit-on plutôt de répondre en anglais ?

Et comme M. Louis Cornellier, dans sa critique du Mauvaise langue de Marc Cassivi, je m’inquiète que « de plus en plus d’employeurs exigent en douce mais en appuyant, une connaissance de l’anglais pour une foule d’emplois. » N’importe où, dans la cité, les consommateurs peuvent recevoir des services en anglais. Comment alors les convaincre d’apprendre le français ? Bilinguisme individuel ? Oui ! Bilinguisme institutionnel ? Non !

À l’aube du 375e de la fondation de Montréal, tandis que les bonzes du royaume du maire Coderre désirent mettre notre métropole sur son trente et un, je rêve que l’affichage bilingue disparaisse à tout jamais de notre île chérie. Enfin ! Montréal pourrait avoir l’air d’une véritable ville de langue française. Cela ne risque pas de se produire sous le règne de Philippe Couillard.[…]

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33 commentaires
  • Michel Bouchard - Abonné 23 mars 2016 05 h 42

    Vous n'êtes pas la seule.....

    Vous n'êtes pas la seule à se faire accueillir par un HI - Bonjour et vous n'êtes pas la seule , non plus , à claquer la porte lorsque qu'on me répond :I don't speak french. Mais moi, je le fais avec respesct : Un doigt d'honneur....

    • Patrick Boulanger - Abonné 23 mars 2016 09 h 10

      Je ne suis pas certain que c'est avec des doits d'honneur que l'on va donner le goût à ceux qui ne parlent pas français de l'apprendre! Qu'en pensez-vous?

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 mars 2016 12 h 33

      En tout cas ce n'est sûrement pas en répondant en anglais et surtout pas en payant.

      Mais en fait c'est uniquement avec l'appui réel du législateur, le ci0-devant gouvernement qu'on arrivera quelque part.

      Les immigrants, eux, savent voir le Canada pour ce qu'il est, un pays anglophone et rien d'autre. À leurx yeux le français est un accident de l'histoire. Mais il y a plus grave.

      À force de se faire seriner, en anglais, que les Français ont simplement fait aux autochtones ce que les Anglais leur ont fait ensuite, ils le croient. Ils ne réalisent pas que, pour un territoire qui couvrait plus des trois-quarts de l'Amérique du Nord, les Français n'occupaient pas mais vivaient AVEC les autochtones et pour beaucoup comme eux, depuis Gaspé jusqu'aux Rocheuses et la Nouvelle-Orléans.
      Les Américains le reconnaissent quand il nomment la Guerre de Sept-Ans, la French-Indians War.
      Ceci n'est qu'un exemple de la désinformation voulu et dirigée de l'histoire du Canada... jusqu'à l'histoire très très récente, il y a 10 ou 15 ans!
      Je digère très mal la religion fédéraste.

      Les immigrants ne font donc que se ranger du bon côté et ne comprennent rien à l'âme québécoise, faite avant tout de recherche de consensus comme on l'a vu au cours des campagnes référendaires entre autres. Sinon, Charest n'aurait pas usé à abusé du mot "chicaine" dans ses attaques contre le PQ par la suite.

      Les anglophones se sentent très à l'aise d'exiger l'anglais partout, selon cette fausse morale historique ( "Y sont aussi pires") mais aussi selon leur statut de minorité, et enfin selon l'idée bien enraciée que les francos sont "frileux".

      Minorité mon oeil! Il n'y a qu'une majorité ici, et elle est anglophone. Le seul groupe social frileux ici est dans le West Island.

      Cette majorité fait passer le PLQ au pouvoir autant qu'elle veut. C'est pas demain qu'on arrivera à un strict minimum de conscience, et surtout pas chez les anglos.

    • Michel Bouchard - Abonné 23 mars 2016 13 h 14

      M.Boulanger, les commercants veulent faire des affaires, et bien qu'ils le fassent dans la langue de la majorité ( et cette majorité n'est ni la langue anglaise , ni aucune autre langue ).

    • Michel Bouchard - Abonné 23 mars 2016 13 h 14

      M.Boulanger, les commercants veulent faire des affaires, et bien qu'ils le fassent dans la langue de la majorité ( et cette majorité n'est ni la langue anglaise , ni aucune autre langue ).

    • Patrick Boulanger - Abonné 23 mars 2016 15 h 17

      @ M. Bouchard

      M. Bouchard, je parlais des doigts d'honneur dans mon commentaire...

  • Yves Côté - Abonné 23 mars 2016 05 h 49

    Merci !

    "À l’aube du 375e de la fondation de Montréal", préparons-nous Madame à prendre des coups.
    Ils sont sans aucun doute possible déjà dans la besace des communicateurs à la solde de la navrante et défaitiste équipe Coderre.

    Au Canada, il n'y a qu'une langue qui a le droit de citer seule, c'est l'anglaise.
    Les autres, incluant la langue française, ne sont que des parlers accessoires.
    Idée qui est incluse dans la culture canadienne qui est proposée aux nouveaux et anciens arrivants et qu'un nombre non-négligeable de nous, d'ancienne installation, accepte par un suivisme à la mode.
    Ce dernier étant fait de conformismes, de paresses et de lâchetés, conscientes ou inconscientes et en proportions variables selon les individus et leurs divers environnements.

    Merci de combattre, Madame !
    Votre exemple représente la seule alternative viable qui reste à la survie de notre langue et de notre culture.
    Le reste des comportements n'est qu'une forme de complicité, qu'elle soit molle ou franche, qu'elle soit voulue ou non, n'y change rien.

    Vive le seul Québec qui se tient debout !, Madame: celui qui marche vers sa liberté en unifiant sa volonté et en unissant ses actions.

    • Emmanuel Lyng-Sabatier - Inscrit 23 mars 2016 08 h 41

      Montréal, Laval et Longueil s'anglicise rapidement, après cela sera au tour de la rive nord et sud. L'anglicisation se fait à travers la jeunesse. Le jour ou 80% des plus de 60 ans parleront français à la maison et 80% des moins de 15 ans parleront anglais à la maison, cela sera trop tard, le français sera mort et enterré pour toujours.

      Actuellement c'est la situation des langues autochtones,demain cela sera le français au Québec car dans le reste du Canada, l'assimilation est proche de 90% à la seconde génération.

  • Michel Thériault - Abonné 23 mars 2016 06 h 49

    "Sommes-nous nombreux à poser ce geste ?"

    Je le pose depuis plus de 30 ans. Je refuse obstinément de parler anglais (je suis bilingue) avec des commerçants au Québec . Ceux et celles qui choisissent de continuer en anglais sont, selon moi, encore plus responsables de la situation que ces anglophones. Le jour où les Québécois se tiendront debout, nous formerons un peuple. D'ici là...

    • Patrick Boulanger - Abonné 23 mars 2016 11 h 32

      " Ceux et celles qui choisissent de continuer en anglais sont, selon moi, encore plus responsables de la situation que ces anglophones. "

      Bravo M. Thériault pour votre obstination et j'aimerais vous signaler que je suis bien d'accord avec vous là-dessus (voir la citation ci-dessus).

  • Pierre Asselin - Abonné 23 mars 2016 07 h 09

    Samething

    J'accepte d'emblée de parler anglais même si mon anglais est mauvais à tous les touristes qu'ils soient du Canada ou des USA ou d'ailleurs ,sans problème , mais je me refuse à parler à des Québecois qui ne parlent pas un mot de francais , ils me parlent anglais et je leur répond en Francais seulement , ils ne comprennent pas, et je termine la discusion en demandant '' Where do you come from ?''

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 23 mars 2016 09 h 42

      M. Asselin, comment savoir si vous avez des touristes devant vous avant de leur avoir demandé "Where do you come from?"

  • Jules Desrosiers - Abonné 23 mars 2016 07 h 37

    et de deux

    Moi aussi je claque la porte dans ces cas là. Moi non plus, madame, je ne parle pas anglais à Montréal, comme je ne parle pas français à Londres.
    Nous sommes deux!
    Je parle français avec les propriétaires de mon dépanneur chinois d'origine. Lui fait des efforts avec le sourire, elle suit des cours de français. Mais ça m'insulte quand des clients francophones leur disent:"Hi!"
    Lâchez pas.
    Jules Desrosiers

    • Monique Lafrance - Abonnée 23 mars 2016 08 h 56

      Et nous voilà trois..
      Monique