Polluer Anticosti, c’est moral

Lettre à monsieur Couillard

Pourquoi ? Est-ce plus moral de polluer la côte nigériane ? Celle du delta du Niger dont bien des villages de pêcheurs se désespèrent aujourd’hui ? Celle qui ne produit plus que pour l’élite du pays et les actionnaires de Shell ? Ou est-ce plus moral de polluer l’Amazonie de l’Équateur ? Celle dont le peuple équatorien ne récolte plus rien et où Chevron empoche et conteste tout dédommagement.

Ce n’est pas plus moral, Monsieur Couillard. Ce n’est pas plus moral de se parer du « bijou » qu’est Anticosti et quant à un Québec solidaire des peuples une autre fois, n’est-ce pas ?

Parce que, ne nous leurrons pas, l’offre de pétrole étant mondialisée, chaque litre consommé au Québec nous rend en partie responsables de chacun des déversements sur notre petite planète. Se dire tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à ne pas participer à la fête de l’abondance est une absurdité. Les peuples nigérians et équatoriens et bien d’autres encore ne profitent de rien du tout. Quelles nouvelles infrastructures au Nigeria ? Ils n’ont droit qu’à des pénuries de leur pétrole exporté en Amérique du Nord…

Dans notre consommation d’hydrocarbure, la première éthique dont nous pourrions nous parer, Monsieur Couillard, serait celle de polluer chez nous avant de polluer chez les autres. Pas pour d’énormes profits. Pas pour l’entreprise privée. Une production établie en fonction de notre consommation intérieure que nous chercherions à réduire par tous les moyens.

À voir en vidéo