Budget Leitão 2016: trinquons à la dette

Tout comme le ministre Leitão, je me réjouis que le gouvernement du Québec ait fini par atteindre l’équilibre budgétaire en 2015 et qu’il envisage de le maintenir au cours des cinq prochaines années. Contrairement à lui, cependant, je pense que les sacrifices exigés de la population pour y parvenir ont été excessifs. Et pour l’avenir, je ne suis guère rassuré de voir que son échafaudage repose sur des compressions « soft » à perpétuité dans les services publics et les programmes sociaux, ainsi que l’abstentionnisme économique. Mais l’essentiel n’est-il pas de contenir la dette ? C’est pourquoi dans ce budget « sans hausses d’impôts ni de taxes », le gouvernement ira chercher 400 millions de plus dans les taxes sur les boissons alcooliques et 72 millions de plus au moyen de l’indexation du prix de l’électricité patrimoniale afin d’engraisser le Fonds des générations. Mais apparemment, cela ne compte pas comme augmentation de taxes, puisque ces mesures ont été annoncées dans des budgets antérieurs. Je pourrai donc consacrer les 25 $ de rabais sur la taxe santé que m’accorde monsieur le ministre pour payer de quoi trinquer à la réduction de la dette, alors que me reviennent à l’esprit légèrement filtrés les vers célèbres d’Alfred de Musset :

Dans Québec la rouge,

Pas un bateau qui bouge,

Pas un pêcheur dans l’eau

Pas un falot

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.