Rien n’est joué

Le BAPE sur Énergie Est, dont la première partie se termine, permet de conclure une chose : le rôle joué par les citoyen(ne)s est remarquable. Remarquable par leur sérieux et par la précision de leurs questions, ce qui place TransCanada au pied du mur. Non seulement la pétrolière a dû avouer qu’elle n’avait pas de réponse à plusieurs questions pourtant fondamentales, mais elle doit maintenant réaliser qu’elle devra affronter un mur de citoyen(ne)s concernés, informés, préoccupés par la lutte contre les changements climatiques et soucieux du bien commun.

Ce BAPE aura permis de transmettre le message à TransCanada que nous ne nous laisserons pas berner par leurs arguments fallacieux, comme la question du transport par train. Nous ne nous laisserons pas non plus intimider par les menaces de quelques détenteurs de pouvoirs albertains qui brandissent la menace de la péréquation.

Nous savons désormais que s’il est construit, le pipeline qui traverserait 860 cours d’eau, des dizaines de municipalités et des centaines de kilomètres de terres agricoles ne pourra probablement jamais être démoli. Nous savons aussi qu’un déversement sous couvert de glace rendrait la récupération du pétrole visqueux impossible, que le sol des berges le long de plusieurs rivières est trop instable pour soutenir un pipeline, qu’il mettrait en péril de nombreux écosystèmes fragiles et j’en passe… Ce projet est inacceptable, et nous serons encore nombreuses et nombreux à nous y opposer farouchement à coups de questions et d’arguments appuyés, documentés et intelligents, comme ce fut le cas ces derniers jours.

Comme le souligne Naomi Klein dans son essai Tout peut changer, la réflexion sur la réponse collective à apporter au réchauffement climatique devient un mouvement vivant et imprévisible. Plusieurs disent que les dés sont déjà pipés ; moi, je crois plutôt que rien n’est joué. Du moins, je l’espère profondément.

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4 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 mars 2016 08 h 30

    40

    Et la meilleure assurance que nous recevons de cette pétrolière que qu'il y aura environ 40 déversements par année; leur «moyenne». Êtes-vous «rassurés» ?

    PL

  • Benoit Thibault - Abonné 19 mars 2016 11 h 27

    Rien n'est joué mais vigilance

    Continuons la mobilisation, n'hésitons pas à nous joindre à des groupements anti-pipeline afin de rassembler nos forces et nos moyens.

  • Denis Desmeules - Abonné 19 mars 2016 14 h 21

    Oui, à tout prix la vigilance !

    D'accord avec vous Benoît, la vigilance devra être grande. D'autant plus que la décision finale revient à la communauté selon les dires du PM Trudeau. Cependant les exemples ou les gouvernements n'en ont que pour les profits des grandes entreprises, abondent. L'exercice que les BAPE vient de faire démontre effectivement qu'une écrasante majorité de citoyens sont contre non seulement le pipeline lui-même mais aussi et surtout contre les GES qui en résulteront. Comme les conclusions finales sur les risques environnementaux proviendront de l'Office National de l'Énergie de Calgary, et que le gouvernement Fédéral tiendra compte principalement de l'avis de cet instance (plus que de l'avis du BAPE québécois), Nous, les québécois devront manifester bruyamment notre opposition ferme à ce projet.

  • Gilbert Turp - Abonné 19 mars 2016 17 h 02

    Merci madame Arseneau

    Votre lettre est un baume, elle donne courage et il en faut.