Intégration public-privé en santé

Le financement par activité qui devrait remplacer le budget global historique des hôpitaux constitue ce qu’il est convenu d’appeler la troisième réforme du ministre de la Santé Gaétan Barrette, après celles des structures et de l’accès aux médecins de famille. Espérant qu’elle aura les effets bénéfiques escomptés en économie et en productivité, elle aura le mérite de donner l’heure juste alors que le ministre déplore des variations de coûts pouvant aller du simple au double.

L’ajout d’activités de Centres médicaux spécialisés (CMS) permettra également d’obtenir les coûts réels, se rappelant que les rapports financiers du projet pilote Hôpital du Sacré-Coeur et Rockland MD étaient inconstants et parfois contradictoires. Dès lors que nous disposons d’un suivi comptable rigoureux et transparent, la table est mise pour établir un plan de financement adapté à cette intégration public-privé.

La chirurgie ambulatoire a pris beaucoup d’expansion et les hôpitaux doivent gérer des volumes considérables et de longues listes d’attente, alors que certains CMS sont particulièrement bien adaptés à ce genre d’intervention. […]

Ce plan pourrait s’inspirer de modèles américains comme la Clinique Cleveland ou Kaiser Permanente, que le Dr Barrette a déjà cité en exemple. Ce sont des organismes sans but lucratif très performants qu’il faudrait développer davantage au Québec. La solution serait le mode privé conventionné qui relève du domaine public en santé et en éducation. Quoi qu’il en soit, un modèle d’intégration s’impose puisque ce projet doit se présenter clairement comme une extension du système public et non un glissement vers le système privé.

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3 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 18 mars 2016 16 h 57

    Non, non et non

    Il est impensable de situer sur un même pied le public et le privé, et il est regrettable que certains se permettent d'y aller de quelque brillante analyse sur le sujet.

    D'intégration il n'y aura pas, parce que toute tentative de dire que la santé est un bien et un service comme les autres qui doit pouvoir se vendre et s'acheter est profondément inique. Il faudra faire des sociopathes dont Barette des saints pout ce faire.

    La meilleure façon d'arrimer des services privés au public (arrimer n'est pas intégrer comme on le verra) se fait en quelques étapes:

    - D'abord, faire disparaître la rémunération à l'acte dont est issue cette idée de financement par activité, qui le renforcera catastrophiquement.
    - Permettre aux médecins affiliés et dorénavant employés de travailler aussi au privé en autant qu'ils font les heures prescrites à leur contrat dans le public, y compris les TSO si cher aux hôpitaux, ce Temps Supplémentaires Obligatoire asséné chaque mois aux infirmières. Tous les médecins auront le droit d'arrondir leur paye s'ils le veulent.
    - Pour toute facture dans le privé, fixer une taxe de 40% à percevoir et remettre non pas au gouvernement mais bien à la gestion du système public, destiné aux soins uniquement, i.e. les salaires du personnel y compris les médecins.
    - Au gouvernement de pallier au manque forcément grand mais tout de même réduit, plus les appareillages et l'infrastructure.

    - Une aide à la création d'hôpitaux internationaux à proximité des aéroports devrait pouvoir se négocier, au gros prix pour les clients extérieurs et 40% pour la caisse publique, rien de moins.

    On a chanté aux médecins sur tous les tons qu'ils sont la "crème de la crème de la société". Bravo. En conséquence ils ont des obligations tant morales que pécuniaires dans leur vertigineux enrichissement.
    Ceux qui quittent le Québec devront rembourser leurs études au le coût actuel et avec intérets, sous peine de poursuite et révocation du titre.

  • Nadia Alexan - Abonnée 18 mars 2016 20 h 55

    Arrêtons de marchander chaque aspect de notre vie.

    Bien que toutes les études sérieuses démontrent que le système public est beaucoup plus efficace et beaucoup moins couteux que le système privé en santé, on s'obstine tout le temps pour faire l'amalgame public/privé, au détriment des citoyens. La philosophie du privé, la maximisation des profits, ne peut pas servir le bon peuple. La santé, comme l'eau et l'air, n'est pas un bien qu'on puisse acheter et vendre au marché. Arrêtons de marchander chaque aspect de notre vie.

  • Jacques Tremblay - Inscrit 19 mars 2016 02 h 13

    De l'agitation administrative

    On veut installé un nouveau système de financement des hôpitaux qui ressemble à si méprendre au système de paiement à l'acte des médecins comme si c'était la méthode la plus efficace? Pourtant de grandes maladies comme la tuberculose jadis ont été d'abord été contrôlées puis pratiquement vaincues par des centaines de médecins à salaire! Les petites archivistes médicales vont se retrouver au centre de tout ce système avec des pressions venant à la fois du ministère et des administrations locales car tout semble reposer sur leurs analyses! Et ces analyses de dossiers ont souvent des mois de retard dans les hôpitaux! Si le financement vient après coup, le financement des activités quotidiennes de l'hôpital reposera-t-il sur une carte de crédit au grand plaisir des institutions financières? Je ne vois dans ce système de financement que de l'agitation administrative et un bel avenir pour la profession d'Archivistes médicales: en terme de nombre seulement!
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc