La vraie valeur d’un recteur

Je soutiens que le recteur de l’Université de Montréal, comme tous les recteurs, demeure l’universitaire le moins utile du campus.

À titre de cadre affecté au développement de la recherche, j’ai eu le bonheur d’oeuvrer pendant 31 ans sur les deux campus francophones de Montréal. Pendant toutes ces années, j’ai côtoyé, sur une base quotidienne, les meilleurs éléments des deux campus, et ce, dans toutes les disciplines. J’ai également connu plusieurs recteurs, tant à l’Université de Montréal qu’à l’UQAM. En aucun temps il ne m’a été donné de constater que les plus belles contributions de mon université étaient associées, de près ou de loin, au recteur en poste. N’en déplaise au recteur Breton, une université, c’est essentiellement ses professeurs et ses étudiants. Le reste est accessoire, même s’il faut en reconnaître l’utilité.

Une université ne livre pas une « marchandise » ! L’université livre les plus beaux joyaux dont une société civilisée peut s’enorgueillir et la pierre angulaire de cette institution ne repose surtout pas au sommet de la hiérarchie administrative. « Notre fort, nos employés », disait la publicité !

C’est la raison pour laquelle j’ai toujours pensé qu’un recteur, conscient de l’importance et de la vraie nature des missions de son établissement, et conscient du peu de cas fait à cet égard par les pouvoirs publics, ne devrait jamais recevoir un salaire supérieur au salaire du professeur le mieux payé sur son campus. Le contraire laisse planer un gros doute, non seulement sur les motivations de la personne, mais sur sa capacité de bien comprendre son entreprise.

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