Une excuse tordue

Le MAC présente de plus en plus souvent des oeuvres numériques avec une bande sonore originale anglaise, sous prétexte que, selon son directeur John Zeppetelli, « en cette ère de mondialisation et de circulation des oeuvres et des idées, le MAC ne pourrait limiter ses choix de programmation artistique à des considérations linguistiques ».

Cette excuse est un peu facile. Faut-il rappeler que des milliers d’oeuvres littéraires ont été connues par la traduction, que le cinéma fait appel aux sous-titres et au doublage pour assurer sa diffusion, que de nombreuses pièces de théâtre sont adaptées de langues étrangères, que l’opéra utilise maintenant des sous-titres électroniques ?

La responsabilité du MAC, même si l’art « se situe à l’abri de la Charte de la langue française », n’est pas seulement de nous offrir des oeuvres internationales remarquables, mais de nous les rendre intelligibles. Comme plusieurs visiteurs, dont Mme Colette Bernier, qui a eu la bonne idée de rappeler que le musée n’est pas situé à New York, je souhaite que le nouveau dynamisme du MAC ne s’adresse pas qu’aux « happy few ».

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1 commentaire
  • Bernard Dupuis - Abonné 16 mars 2016 11 h 17

    Encore la mentalité canadianiste.

    On voit très bien se profiler derrière la justification de M. Zepettelli les présupposés du nationalisme canadien : «One language, one culture, one nation». En effet, on veut faire croire que le français n’est pas une langue compatible avec la «mondialisation» et que la Chartre de la langue française, dans sa forme amandée selon les normes de la Cour suprême, protège paradoxalement la prédominance de l’anglais.

    Pourtant, la constitution canadienne reconnaît le français comme seconde langue officielle du Canada. M. Zeppetelli ne semble pas le savoir ou du moins le reconnaître. C’est pourquoi il ne faut pas le considérer comme un fédéraliste, mais comme un «canadianiste».

    Bernard Dupuis, 16/03/2016